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Roland-Garros: Llodra - Mahut, les derniers des Mohicans

Roland-Garros: Llodra - Mahut, les derniers des Mohicans

TENINSPas facile d'aborder le tournoi avec de l'ambition quand on pratique le service-volée...
Romain Scotto, à Roland-Garros

Romain Scotto, à Roland-Garros

Ce n’est pas un scoop, Nicolas Mahut ne gagnera pas Roland-Garros cette année. Le Français de 29 ans n’en a pas vraiment l’ambition. Ni les moyens, raquette en main. «Gagner ici en faisant service-volée, c’est impossible», reconnaît cet attaquant, entré dans l’histoire du tennis lors d'un match sans fin contre Isner à Wimbledon l'an dernière. Avec Michaël Llodra, le Français est l’un des derniers joueurs à se ruer au filet après son engagement. Dans le top 100, le serveur-volleyeur est une espèce en voie d’extinction. Karlovic, Raonic ou Lopez l’expérimentent de temps en temps. Sans plus. La plupart des grands serveurs, du type Isner ou Roddick construisent maintenant leurs points du fond du court.

«Ils ont tellement ralenti les surfaces de jeu, les balles sont tellement moins vives, qu’aujourd’hui, pour monter au filet, il faut être dans de très, très bonnes conditions», regrette Llodra, qui reconnaît pourtant que les balles de 2011 sont plus «rapides» que les précédentes. Le joueur de 31 ans pointe également l’apparition des nouveaux cordages, très raides, favorisant l’effet du lift et les passings. «Au départ c’était pour les téléspectateurs, pour qu’il y ait plus d’échanges. Mais au final, la majorité des joueurs jouent de la même manière. Il y a moins de variété. J’ai peur que les spectateurs se lassent un petit peu.»

L’apprentissage chez les jeunes en question

A la veille de sa douzième participation, il ne risque pourtant pas de changer ses plans. «Je vais reproduire mon jeu. C’est comme ça que je peux créer quelques exploits de temps en temps.» Nicolas Mahut n’écarte pas non plus l’hypothèse d’un exploit s’il parvient à raccourcir les échanges. Selon lui, le prototype de l’adversaire à éviter sur terre battue est «un joueur capable de retourner tous ses coups. Service compris. Derrière, il va avoir de la frappe et me rentrer dans la gueule.» Une séance de torture pour tout adepte du service - volée.

Il n’y a pas si longtemps, un joueur comme Federer montait pourtant beaucoup plus au filet derrière sa première balle. Mais pour durer, le Suisse a su faire évoluer son jeu. «Aujourd’hui, ça frappe fort, ça prend tôt et de temps en temps ça finit un échange au filet. La densité physique est incroyable. Dans l’apprentissage chez les jeunes, on occulte le jeu au filet. C’est l’évolution du jeu», regrette Mahut, qui n’aurait pas pleuré s’il avait débarqué vingt ans plus tôt sur le circuit.