Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
Quotas: pour Jouanno, «il n’y a pas eu d’atteinte à la loi»

Quotas: pour Jouanno, «il n’y a pas eu d’atteinte à la loi»

FOOTBALLLa ministre des Sports a mis Laurent Blanc hors de cause et expliqué que l'affaire ne déboucherait sur aucune poursuite judiciaire, malgré des propos «inadmissibles» lors de la fameuse réunion du 8 novembre. La FFF devra décider de son côté du sort de François Blaquart…
Julie Lévy-Marchal

Julie Lévy-Marchal

Pas de grosses surprises sous le soleil de l’Insep, ce mardi matin. La ministre des Sports, Chantal Jouanno a réuni la presse pour communiquer les résultats de l’enquête menée par le ministère des Sports sur l’affaire des quotas dans le football français. Après s’être prêtée au jeu des flashes et des sourires pour les nombreuses caméras présentes, elle a rappelé en préambule que le monde du sport et du football avaient été gravement déstabilisés par l’enquête de Mediapart, et que les commentaires autour de l’affaire avaient fait autant de mal que les faits eux-mêmes. Elle a ensuite déroulé (très) rapidement ses conclusions. Sans scoop.

Aucune poursuite judicaire. «Après une analyse minutieuse du document, nous ne pouvons pas transmettre le dossier devant la justice. Il n’y a pas d’atteinte à la loi contre les discriminations de 2001. Des moyens pour limiter les binationaux avec des quotas ont été débattus, mais il n’y avait pas de projet de quotas discriminatoires.» La ministre vient de rendre son verdict, et comme prévu, le dossier ne sera pas porté devant les tribunaux. Elle tient à rappeler tout de même, pour le «record» que des propos «maladroits et clairement déplacés ont été tenu lors de cette réunion du 8 novembre, à la limite de la dérive raciste.» Chantal Jouanno précise que cette commission avait pour unique mission de définir le caractère illégal ou non des propos tenus, et en aucun cas de rechercher l’origine des fuites.

Laurent Blanc dédouané. «Le sélectionneur était là pour la première fois dans ce type de réunion. Il n'était en aucun cas l'organisateur ou le pilote, et découvrait le problème de la fuite des binationaux et des quotas. Il n'avait aucun avis contrairement à ceux qui avaient préparé la réunion.» Le message est clair : Laurent Blanc est dédouané et lavé de tout soupçon. Elle ajoute que le sélectionneur souhaite des joueurs qui se sentent français et qui veulent jouer pour la France. «Il s'efforce de remettre les valeurs au cœur du jeu.» Bref, on ne touche pas à Blanc.

Désaveu du DTN et dysfonctionnements internes. Sur ce sujet- là, encore, pas de grosse surprise. Dans chaque affaire, il faut un fusible, ici, celui qui a les fils qui se touchent s’appelle François Blaquart, le DTN suspendu. En fonction depuis peu à ce poste, il ne sera pas difficile d’obtenir son départ. Chantal Jouanno qui a défendu tous les protagonistes de l'affaire sauf Blaquart, le charge. «Ce débat n'était pas du tout, du tout, à la hauteur de l'exemplarité que l'on est en droit d'attendre d'une DTN. Ne mettez pas tous les DTN dans le même panier.» Après avoir spécifié qu'il appartenait au Conseil fédéral de la FFF de «décider de la poursuite ou non de la mission» de François Blaquart, la ministre a insisté sur le statut particulier du DTN de football, qui est nommé par la FFF, après un simple avis du ministère, et rémunéré par la fédération. La ministre a cependant proposé des audits organisationnels et managériaux pour pallier les défaillances, à tous les niveaux de la fédé. Mohamed Belkacemi, qui aurait dû faire remonter l’info en interne, recevra quant à lui juste «un rappel à la règle» pour avoir enregistré une réunion privée, mais «rien ne permet de dire qu’il voulait déstabiliser la FFF».

Le sujet des binationaux. La ministre n’a pas de «problème avec les binationaux et je me demande bien ce que ferait notre équipe de France sans les binationaux. Imaginer que l'on ait des équipes sans binationaux est une hérésie.» J.-P. Bouchout, inspecteur général de la Jeunesse et des Sports tempère: «Ça pose un problème au sélectionneur des Espoirs, et on peut le comprendre.» Reste à comprendre pourquoi les jeunes ont envie de partir. Parcequ'ils n'auront jamais leur place en équipe de France ?