FFF: Domenech devant les prud'hommes

FOOTBALL L'ancien sélectionneur espère récupérer une indemnité de 2,9 millions d'euros dans le litige qui l'oppose à la fédération. Une réunion de conciliation est prévue jeudi...

Romain Scotto

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L'ancien sélectionneur de l'équipe de France de football, Raymond Domenech, lors d'un tournoi de Poker, le 4 décembre 2010 à Paris.
L'ancien sélectionneur de l'équipe de France de football, Raymond Domenech, lors d'un tournoi de Poker, le 4 décembre 2010 à Paris. — Sipa

Raymond Domenech n’est plus salarié de la fédé, mais il est encore  un peu chez lui dans les locaux de la FFF. Huit mois après son licenciement, l’ancien sélectionneur passe la plupart de ses après-midis boulevard de Grenelle, où se situe son bureau de trésorier de l’Unecatef, le syndicat des entraîneurs. Mardi dernier, il offrait encore deux muffins aux hôtesses d’accueil, avant de rejoindre Pierre Repellini, son ami et président du syndicat. Quelques portes plus loin, se trouve le bureau de Fernand Duchaussoy,  le président d’une fédération à qui Domenech réclame toujours 2,9 millions d’euros. Les deux parties s’ignorent poliment, dans l’attente de l’audience de conciliation prévue jeudi matin devant le conseil des prud’hommes de Paris.

A priori, celle-ci porte vraiment mal son nom. Prêt à négocier, l’avocat de Domenech redoute l’intransigeance de la fédération, qui devrait camper sur sa position. «Ce sera donc  une réunion purement formelle. Le bureau de conciliation va constater qu’il n’y a pas de conciliation possible et renvoyer le dossier au bureau du jugement», anticipe Me Connesson. «En cas d’entente entre les deux parties, il aurait été possible de revoir à la baisse le montant de l’indemnisation de mon client. Mais s’ils ne veulent pas en entendre parler…»

Faute grave ou pas?

Jusqu’à présent, c’est pourtant le clan Domenech qui a refusé la main tendue. «On n’a pas accepté un chèque de 32.000 euros (brut) parce qu’on ne sait pas à quoi il correspond, enchaîne l’avocat. On leur a dit merci, mais il manque des sommes significatives.» Récemment, il a aussi envoyé un huissier à la fédé pour détailler précisément le montant des primes et droits d’image dus à l’ancien sélectionneur, accusé de «faute grave» par la fédération.

Il est reproché à l’ancien coach des Bleus de ne pas avoir serré la main de Parreira, d’avoir lu le communiqué des grévistes de Knysna et de ne pas avoir averti Jean-Pierre Escalettes de l’insulte de Nicolas Anelka. Un peu léger selon Me Connesson qui doute clairement des intentions de la FFF. «En réalité, ils veulent le faire passer comme le responsable de l’échec sud-africain. C’est tout.» L’avocat de Domenech affirme également pouvoir apporter la preuve qu’Escalettes était parfaitement informé des incidents de France – Mexique. Mais sa plaidoirie n’interviendra pas jeudi. Pour assister au grand déballage, il faudra attendre le prochain rendez-vous fixé aux prudhommes. Pas avant la fin de l’année 2011.