Christophe Lollichon: «La Ligue des champions est l'objectif numéro un de Chelsea»

INTERVIEW L'entraîneur français des gardiens du club londonien avoue que son équipe joue gros contre Manchester en quart de finale aller, mercredi...

Propos recueillis par Romain Scotto

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L'entraîneur des gardiens de Chelsea, Christophe Lollichon (en bleu foncé), lors d'un échauffement le 15 mars 2010 à Stamford Bridge (Londres), avant un match contre l'Inter Milan.
L'entraîneur des gardiens de Chelsea, Christophe Lollichon (en bleu foncé), lors d'un échauffement le 15 mars 2010 à Stamford Bridge (Londres), avant un match contre l'Inter Milan. — I.Kington/AFP

Encore une fois, Christophe Lollichon prendra place au côté de Carlo Ancelotti mercredi soir en Ligue des champions face à Manchester United. L’entraîneur des gardiens de Chelsea a rejoint le club il y a quatre ans pour coacher Petr Cech, rencontré à Rennes. Depuis, il a appris à travailler avec la pression des résultats et des titres.

Trois ans après la finale perdue conte Manchester United, il y a forcément un petit goût de revanche avant ce quart de finale, non?

Non, le gout de revanche n’est pas vraiment présent. Le seul désir, c’est de passer ce tour contre un gros morceau qu’on connaît très bien et qui nous connaît très bien. Il y a vraiment la volonté de gagner et de se rapprocher de la finale parce que le club ne l’a jamais gagnée.

A travers ses déclarations, Petr Cech semble pourtant ne pas avoir digéré cette défaite…

Oui, mais on ne peut en vouloir qu’à nous-mêmes. Pas à Manchester United. Parce que le match, on l’avait en main. On prend l’avantage aux tirs aux buts quand Petr arrête celui de Ronaldo. Puis après, à cause d’une glissade, on passe à cinq ou dix centimètres du bonheur… Je dirais que la revanche est plutôt contre le sort que contre Manchester. Par rapport à une immense déception datant d’il y a trois ans.

Dans la mesure où Abramovitch réclame une victoire en Ligue des champions, l’ambiance n’est-elle un peu plus tendue à l’approche de ce genre de rencontres?

Oui, plus on s’en approche, plus l’émulation, la tension positive, monte. Il y a beaucoup de passion et de concentration autour des entraînements. Donc on a beau faire quatre demi-finales en six ans, ce qu’on retient, c’est le nom du vainqueur. Là, c’est un début d’étape qu’il faut bien négocier avant d’attaquer le col suivant.  Parce qu’il n’y a que des cols à ce niveau là. De manière à arriver au sommet de la montagne le 28 mai (date de la finale).

Dans la mesure où le titre semble éloigné (Chelsea est 4e à 11 points de Manchester), ce match revêt-il un enjeu décuplé?

Il faut envisager la Ligue des champions comme l’objectif numéro 1 du club. Le titre en est un autre, mais on l’a gagné l’année dernière, en réalisant le doublé. Et vu notre position en championnat, le focus sur la Ligue des champions est encore plus important. Même si mathématiquement, tout est encore possible. On va faire le maximum pour être dans les trois premiers et se qualifier pour la C1 l’année prochaine.

Lors de la finale de 2008, Anelka avait manqué un tir au but. Aujourd’hui, il est toujours là, malgré l’arrivée de Torres au mercato. N’est ce pas un survivant?

S’il est encore là, c’est qu’il le mérite. Je ne suis pas du tout surpris. Carlo Ancelotti fait des rotations avec Kalou, Drogba, Torres. Il a des qualités hors norme. Dans un club comme Chelsea, il est normal d’avoir trois attaquants de haut niveau pour avoir des possibilités de rotation. Faire face au cumul des matchs, parce que la plupart sont internationaux, même si Nicolas l’est beaucoup moins… Quand à la 65e minute contre Manchester City, vous sortez, Fernando et Kalou, et que se présentent Drogba et Anelka, l’adversaire ne voit pas ça d’un très bon œil. Les deux premiers multiplient les courses et fatiguent l’adversaire. Et derrière, vous avez deux monstres physiques qui arrivent. Et Nicolas a cette capacité à jouer à droite, dans l’axe derrière les attaquants, pourquoi pas à gauche.

Comment Petr Cech prépare-t-il ce genre de matchs, face à un adversaire qu’il connaît très bien?

On les a battus il y a peu de temps. Jusqu’au bout, on analyse les différentes situations sur coups de pieds arrêtés parce qu’ils sont très forts là-dessus. On regarde aussi les déplacements de leurs attaquants. Au niveau offensif, il y a  du monde. Rooney, Nani, Park... Aujourd’hui pour le dernier entraînement, on s’est préparé à des situations spécifiques de Manchester en travaillant sur la vivacité du gardien de but.

Edwin Van der Sar devrait être titulaire en face. Quel regard portez-vous sur ce joueur de 40 ans?

Etre là à son âge, c’est exceptionnel. Ça veut dire que c’est un très, très grand professionnel. Il n’a pas été souvent blessé dans sa carrière. C’est un modèle. Avec le talent en plus, des qualités techniques importantes. Son jeu au pied, sa capacité à relancer très vite et proprement.  Et son attitude sur sa ligne… on peut parler de référence. Il n’a pas tout, mais suffisamment de choses pour servir de modèle à plusieurs générations.

Avez-vous parlé avec Didier Drogba des événements en Côte d’Ivoire? Est-il perturbé?

Il nous arrive d’en parler parce qu’on s’entend bien. Didier est tracassé parce qu’il se passe dans son pays. Il y a encore de la famille, des amis. Il est concerné parce que quand on s’appelle Drogba, on est une personne influente. Des personnes au pouvoir là-bas le contactent peut-être pour avoir son avis. Il faut qu’il gère ça, mais il fait face en espérant que le conflit se règle… Mais Didier a beaucoup moins d’incertitudes dans son métier, c’est déjà ça.

Et votre avenir à Chelsea? Est-il lié à celui de Petr Cech?

Non, il n’est absolument pas lié à Petr. J’ai un contrat qui est renouvelé tacitement. Dès que je commence une saison, j’en ai deux devant moi. Et j’espère que l’aventure continue…