Equipe de France: Philippe Mexès enfin taille patron?

FOOTBALL A 29 ans, le défenseur central retrouve la plénitude de ses débuts en bleus...

Romain scotto

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Le défenseur de l'équipe de France, Philippe Mexès lors d'un match contre le Luxembourg en qualifications de l'Euro 2012, le 25 mars 2011, à Luxembourg.
Le défenseur de l'équipe de France, Philippe Mexès lors d'un match contre le Luxembourg en qualifications de l'Euro 2012, le 25 mars 2011, à Luxembourg. — P.Emile/Sipa

Il faut remonter très loin pour trouver trace d’un Philippe Mexès aussi épanoui en équipe de France. Quand il se penche sur la question, le défenseur central des Bleus se fige. Plonge son regard vers ses mollets bronzés. Puis trouve l’inspiration: «En fait, je retrouve la liberté de mes débuts quand j’ai découvert Zidane, Desailly, Thuram. C’était magique. Ce sentiment de bien-être, de confiance.» Neuf ans et demi en arrière donc, quand le jeunot, alors titulaire à Auxerre, devait s’imposer comme le nouveau Laurent Blanc chez les Bleus.

A 29 ans, le voilà en passe de relever le défi. Le Romain est l’un des indéboulonnables du sélectionneur depuis sa prise de fonction. Il est aussi l’un des rares joueurs qui donne souvent satisfaction. Vendredi soir, il s’est offert son premier but en 21 sélections. Un coup de tête autoritaire prouvant qu’il n’a plus forcément besoin d’un tabouret pour rivaliser dans les airs. Cela n’a pas échappé à Laurent Blanc qui s’est attardé sur le cas de «Philou», samedi après-midi à Enghien-les-Bains. Pour lui aussi, sa forme actuelle est une surprise «puisqu’on ne l’a jamais vu à son niveau en équipe de France.»

Plusieurs vies en Bleu

«Jusque-là, il n’avait pas l’habitude de donner cette mesure en équipe nationale. Ça peut être un pilier de l’équipe de France dans le futur.» Le joueur n’est pas contre, même si «pilier» est pour lui un bien grand mot. Dans ce groupe rajeuni, Mexès assume son expérience, le statut un peu lourdingue de celui qui a déjà connu plusieurs vies chez les Bleus. «C’est vrai que si je regardais derrière, ce ne serait pas facile. J’ai passé beaucoup d’étapes, croisé beaucoup de sélectionneurs avec des mentalités différentes. Mais là, je découvre quelque chose de nouveau. Je me sens libre…  installé.»

Le patron de la défense ne souhaite pourtant pas effacer les galères vécues. Sans ces moments d’apprentissage, il ne serait pas là aujourd’hui. Avant l’arrivée de Blanc, Mexès reconnaît ne jamais avoir assumé ses responsabilités. «Des circonstances ont fait que… un match raté, un peu de pression… En mélangeant le tout, tu ne te sens pas très bien et tu ne rends pas ce que tu pourrais rendre.» Le discours rassurant de Blanc lui apporterait désormais plus de confiance. Au côté de Rami, il forme une charnière bâtie pour conduire les Bleus au prochain Euro. Et sait que leur association ne sera pas remise en cause par Blanc à la première boulette. Entre défenseurs de classe mondiale, on se comprend.