Roger Federer, le début de la fin?
TENNIS•Redescendu à la troisième place mondiale, le Suisse semble en bout de route...A.M.
«Rafa, tu es le plus grand joueur de tous les temps.» Novak Djokovic joue au plus malin. Vainqueur du tournoi d’Indian Wells dimanche contre Rafael Nadal, le Serbe en a profité pour glisser un tacle gentillet à sa majesté Roger Federer. C’est assez peu sympathique, alors que le Suisse vient de rétrograder à la troisième place mondiale. Un niveau plancher qu’il avait déjà brièvement retrouvé en juillet 2010. A part cet épisode, depuis 2003, «RF» n’était jamais descendu aussi bas. «C’est un si grand champion que je ne peux pas penser qu’il ne réagira pas», explique Patrice Hagelauer, le directeur technique français.
«Ce n'est pas frustrant, c'est juste décevant»
Le Bâlois a tout de même les oreilles qui sifflent. Le plus beau palmarès de l’histoire du tennis est-il sur le déclin? Cette thèse, Federer (30 ans) l’a combattu ce week-end. «Ce n’est pas frustrant, c’est juste décevant. Il y a une différence, la frustration est quelque chose de négatif qui tire vers le bas», explique l’ancien taulier du circuit sur le site du tournoi californien. Battu trois fois cette saison par le «Djoker», le Suisse est aussi en train de se créer une nouvelle bête noire, après Rafael Nadal. Mais il doit garder confiance en son tennis. «Si je n’avais pas les outils, ou le jeu, ou l’état d’esprit, ou la condition, ça serait un problème, mais ce n’est pas ça», jure Roger Federer.
«Il y a un vrai boulot à faire»
En fait, il a juste beaucoup moins de marge qu’au zénith de sa carrière. «Je ne sais pas si ce serait mieux de perdre contre trois gars au-delà de la cinquantième place… Je ne crois pas. Il vaut mieux perdre contre un gars qui est classé très haut. Si je joue bien, je sais que je peux les battre aussi, explique l’Helvète. Ce n’est pas une découverte, mais il va bien falloir qu’il s’adapte. «Ca ne se règlera pas en trois minutes. Il y a vrai un boulot à faire, maintenant, est-ce qu’il en a envie, ça je ne peux pas le savoir», remarque Patrice Hagelauer. Là est toute la question.



















