Comment sauver le tennis féminin français?

TENNIS Avec seulement six joueuses dans le top 100, la France cherche ses championnes...

Romain Scotto

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Les joueuses françaises, Alizé Cornet (à g.) et Virginie Razzano, lors d'un match en double, le 10 février 2011.
Les joueuses françaises, Alizé Cornet (à g.) et Virginie Razzano, lors d'un match en double, le 10 février 2011. — Sipa

A Coubertin, le tournoi des Françaises s’est résumé à un premier tour express. Les deux seules engagées en début de semaine, Alizé Cornet et Virginie Razzano ont toutes deux été balayées dès leur entrée en lice, mercredi soir. Quant à Stéphanie Cohe-Aloro, elle doit sa survie dans le tableau au forfait de dernière minute de Maria Sharapova. Pas vraiment remise d’une campagne de Russie perdue Fed Cup (3-2), Alizé Cornet a fait ce qu’elle a pu. «J’étais cuite, mais j’ai fait le maximum», clame la joueuse de 21 ans, symbole d’un tennis féminin tricolore en reconstruction qui cherche par tous les moyens à sauver les apparences.

Depuis que Mauresmo, Dechy, Golovin et Pierce ont déserté le circuit, les filles peinent à exister au plus haut niveau. Deux joueuses dans les 30 premières (Bartoli et Rezaï). Seulement six dans les 100. Les hommes font presque deux fois mieux et à la fédé, personne ne nie la sinistrose. «Il y a un creux générationnel, admet Alexandra Fusai, responsable du haut niveau chez les féminines. Maintenant, construisons avec les joueuses actuelles: les jeunes comme Kristina Mladenovic ou Caroline Garcia.» Deux espoirs issus de la filière fédérale qui profitent de la réouverture des pôles d’entraînement, il y a un an, pour parfaire leur apprentissage.

Les parents montrés du doigt

«C’est le rôle de la fédé d’amener les joueuse dans les 100 meilleures mondiales. On a rouvert ces centres réservés aux 12-18 ans pour recréer l’émulation qui existait avant.» Jeune retraitée, Nathalie Dechy est bien placée pour en parler. L’ancienne championne se souvient d’une période où elle s’entraînait toute l’année avec d’autres Françaises. Voyageait et faisait chambre commune avec elles sur les tournois. «Ce n’était pas tout rose, on ne s’entendait pas tout le temps, mais le contexte était propice pour progresser. Il y avait cette émulation. Ça s’est arrêté quand on mis a l’accent sur les structures individuelles.»

Après la fermeture des pôles, sous l’ère Dominguez, la fédé a insisté sur des projets élitistes au plus haut niveau. D’où le développement de structures familiales comme celles d’Aranave Rezaï ou Marion Bartoli. Deux cas problématiques que la fédé se garde bien de commenter, surtout quand la situation est sur le point d’exploser. Lundi, Rezaï a annoncé qu’elle coupait enfin le cordon avec son père. Marion Bartoli, elle, boycotte toujours l’équipe de Fed Cup et pleure l’absence de sponsor. «Cette situation, je la déplore, enchaîne Fusai. Il faut qu’elle se pose les bonnes questions. C’est la numéro 1 française et elle reste quand même un exemple en termes de réussite.» Beaucoup moins en termes d’image. Derrière sa moue tristounette, c’est tout le tennis féminin français qui déprime.