Annulation des billets pour Rennes-PSG: Les supporters sont «convaincus» qu’ils ont été localisé grâce à leur adresse IP et font appel à la CNIL
FOOT•Les associations de supporters réagissent...Le Stade Rennais est dans l’embarras. Après avoir reçu une lettre du Préfet d’Ille-et-Vilaine, le club breton s’est vu obligé, «sur ordre du ministère de l’Intérieur» et pour des raisons de sécurité, d’annuler et de rembourser 249 billets commandés sur internet par des supporters parisiens pour le prochain Rennes–PSG (samedi, 21 heures). Une interdiction qui laisse perplexe: comment le Stade Rennais a-t-il localisé les supporters parisiens qui ont acheté des billets sur leur site internet?
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Le SRFC explique «que les supporters ont forcément laissé leur adresse pour recevoir les billets chez eux». Une justification que ne croient pas une seconde les associations de supporters du PSG. «Ce n’est pas du tout obligatoire, témoigne Romain, qui a reçu jeudi matin le mail annonçant l’annulation de ses places. Ces billets sont électroniques, on peut les imprimer.» Pour les supporters, le Stade Rennais, «poussé par le ministère et le PSG», a utilisé les adresses IP des acheteurs pour les localiser. Une infraction à la loi informatique et liberté, qui assure la protection de la vie privée sur Internet.
«On ne peut pas s’essuyer les pieds sur des libertés évidentes»
«Nous en sommes convaincus, assène un leader de Liberté pour les Abonnés (LPA). Et des sources rennaises nous confirment que le club est dans la plus totale illégalité. Mais ils sont sous pression: on leur a expliqué que s’il y avait un problème, on leur mettrait un ou des matchs à huis clos.» Contacté, le PSG a quant à lui n’avoir aucun lien avec cette décision de la préfecture, qui a «jugé que ce déplacement pouvait potentiellement créer un problème de sécurité.»
Reste que les supporters ont donc décidé de porter l’affaire devant les autorités. «Nous avons contacté des avocats ainsi que la CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés), qui est tombée sur les fesses, poursuit le leader LPA. On ne peut pas s’essuyer les pieds sur des libertés évidentes dans une chasse aux supporters». Et d’ironiser sur le fait que tout le poids de cette décision retombe sur le club breton. «Non seulement ils vont perdre l’argent des billets et mettre en place un dispositif de sécurité beaucoup plus important que d’habitude, mais en plus ils risquent de se retrouver devant les tribunaux.»



















