Ski: en descente à Kitzbühel, Cuche parmi les intouchables
Didier Cuche figurait déjà dans le club sélect des grands vainqueurs ...© 2011 AFP
Didier Cuche figurait déjà dans le club sélect des grands vainqueurs à Kitzbühel, mais le Suisse de 36 ans, qui a survolé la descente samedi, est bien en passe de battre les records, avec son quatrième succès dans le rendez-vous phare de la Coupe du monde.
Resté au pied du podium pour quelques centièmes en super-G, vendredi, Didier Cuche s'est montré intouchable sur la Streif, la piste la plus vertigineuse du circuit. A l'arrivée, il relégait, avec près d'une seconde d'avance, Bode Miller à la deuxième place, comme en 2008.
Aux côtés de ces deux ténors du ski alpin, trentenaires plus qu'expérimentés, le Français Adrien Théaux, 26 ans, s'est immiscé sur le podium.
Avec ses quatre victoires en descente dans la station tyrolienne (1998, 2008, 2010 et 2011), Cuche égale le record de l'épreuve du grand Franz Klammer, du moins sur le papier.
"Moi, je considère que j'ai trois victoires et demie", a insisté le Suisse. Car sa première en 1998 n'avait pas le même piquant. L'épreuve avait eu lieu en deux manches sur une piste raccourcie, amputée surtout du saut de la Mausefalle, le piège à rat qui donne le grand frisson aux coureurs et les fait plonger dans l'action.
Le champion de super-G, qui l'an dernier avait fait le doublé des épreuves de vitesse, compte même 5 victoires, le tiers des 15 dans sa carrière, dans la station tyrolienne, où une télécabine lui assure déjà la postérité.
La clé de sa réussite ? "Je n'ai jamais eu de chute ici. Je n'ai jamais dépassé la limite, mais je l'ai souvent frôlée", a souligné Cuche. "Avec l'âge, je sais où sont mes limites, où je veux aller."
Il ravit au passage le dossard rouge de leader de la descente à l'Autrichien Michael Walchhofer, qui a chuté. D'autres coureurs ont aussi perdu le contrôle, comme l'Italien Siegmar Klotz qui a fini violemment sa course dans les filets de sécurité et s'en est sorti avec un poignet cassé, des contusions et une petite commotion cérébrale.
Mais heureusement aucun n'a connu le même sort que l'Autrichien Hans Grugger, blessé grièvement la tête jeudi à l'entraînement. Deux jours après son opération, Hans Grugger restait plongé dans un coma artificiel samedi, dans "un état stable" selon les médecins.
De quoi calmer les ardeurs de Bode Miller. "La seule chose qui pouvait m'empêcher de gagner était que Didier Cuche aille plus vite. Il a pris des risques, il voulait en prendre, moi j'aurais pu en prendre plus, mais ici, cela peut avoir des conséquences catastrophiques", a estimé le triple médaillé des JO de Vancouver.
Si seuls les grandes classiques et les jeux Olympiques arrivent désormais à motiver Miller, la descente de Kitzbühel est la seule grande course qui manque toujours à son palmarès.
Adrien Théaux, lui, n'en revenait pas d'avoir décroché son premier podium en descente, après sa prometteuse deuxième place en super-G à Beaver Creek début décembre. "C'est la Mecque du ski, la piste la plus dure du monde, la plus belle de toutes les descentes. Kitzbühel, on ne peut pas rêver mieux !", a déclaré le Français de 26 ans.
L'entraîneur Patrice Morisod, qui en connaît un rayon en matière de champions pour avoir eu sous sa coupe en Suisse pendant des années Didier Cuche et Didier Défago, vainqueur 2009, l'avait dit peu après son arrivée la saison passée dans l'équipe de France: "Théaux gagnera un jour Kitzbühel." Il ne lui pas encore donné tout à fait raison.



















