Coupe du monde messieurs: Kitzbühel, l'ultime fantasme du skieur

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Tout coureur rêve de s'imposer un jour à Kitzbühel, la station la plus mythique de Coupe du monde de ski alpin, qui se prépare à un long week-end de courses de vendredi à dimanche, en dépit de la grave chute de l'Autrichien Hans Grugger jeudi à l'entraînement de descente.

S'il commence par un super-G vendredi et s'achève par un slalom dimanche, le clou du week-end sera à nouveau la descente de samedi sur la vertigineuse Streif.

Les coureurs n'avaient pas besoin de l'accident de Grugger, le troisième sévère sur cette piste en trois ans, pour avoir la boule au ventre et le coeur qui bat au portillon de départ.

Avec ses deux minutes de grands frissons garantis, son plongeon final dans l'aire d'arrivée où sont massées des dizaines de spectateurs, la prime de 70.000 euros promise au vainqueur intronisé le soir même dans un pub de la ville, cette descente s'est construit une légende au fil des années pour devenir le point d'orgue de la saison.

Elle n'est pas la plus longue, la palme revenant à Wengen, mais elle est la plus redoutable de l'hiver.

Comme tous les vainqueurs, le Suisse Didier Cuche a déjà sa télécabine à son nom dans la station tyrolienne. Mais il pourrait en avoir quatre, comme le nombre de ses succès sur la Streif, où il avait signé un rare doublé super-G/descente l'an dernier.

"Même si il y a un peu de nervosité quand j'arrive à Kitzbühel, je suis toujours très content parce qu'ici, je n'ai que de bons souvenirs", raconte le champion du monde de super-G.

"Je mens, en fait. La première fois, en 2005, j'avais peur. Au départ de l'entraînement, il avait fallu que je me raisonne pour sortir par la porte avant du portillon et non pas reprendre le télécabine. Même si j'ai perdu 8 secondes et demie, je me suis senti comme un vainqueur en franchissant la ligne", poursuit le Suisse de 36 ans.

Même s'il a été le plus rapide du seul entraînement jeudi, disputé dans des circonstances tragiques en raison de la chute de Grugger, Cuche refuserait presque d'endosser l'étiquette de grand favori.

Pour dompter la Streif, il faut surtout de l'expérience. Ce qu'a Cuche, mais aussi d'autres trentenaires, comme l'Américain Bode Miller ou l'Autrichien Michael Walchhofer, leader de la Coupe du monde de descente.

S'il a gagné deux fois le combiné (addition des temps de la descente de samedi et du slalom de dimanche), l'imprévisible Américain n'a encore pas accroché la descente de Kitzbühel à son palmarès. L'Autrichien, qui a pris un coup dans le larynx mercredi, n'était pas à 100% de ses moyens jeudi à l'entraînement.

Son compatriote Klaus Kröll, vainqueur à Wengen samedi, tentera de faire le doublé de ces deux grandes classiques, tandis que le Croate Ivica Kostelic, en patron de la Coupe du monde qu'il est actuellement, sera l'homme à surveiller.

Vainqueur de quatre épreuves depuis début janvier, le Croate pourrait bien poursuivre sa razzia en Autriche avec le slalom et le combiné. Les Français Jean-Baptiste Grange et Julien Lizeroux, qui comptent chacun une victoire et une deuxième place à Kitzbühel en slalom, ne seront en piste que dimanche, avec l'objectif de gâcher la fête autrichienne comme ils l'avaient fait en 2008 et 2009.

Le programme (en heure GMT)

Vendredi 21 janvier: super-G 10h30

Samedi 22 janvier: descente 10h30 comptant aussi pour le combiné classique

Dimanche 23 janvier: slalom 1re manche 09h15, 2e manche 12h30