Equipe de France: Tout comprendre sur l'affaire des primes

FOOT Le dénouement de l'affaire dans la soirée...

Bertrand Volpilhac

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Les joueurs de l'équipe de France, sur la pelouse d'entraînement de Knysna, refusent de s'entraîner le 20 juin 2010.
Les joueurs de l'équipe de France, sur la pelouse d'entraînement de Knysna, refusent de s'entraîner le 20 juin 2010. — AFP

C’est dans l’intimité du très chic hôtel Sopwell House, dans le nord de Londres, que l’affaire des primes devrait se régler lundi après-midi. Réunis autour  de Fernand Duchaussoy, le président par intérim de la Fédération, les mondialistes encore présents en Bleu (ils sont 11) vont tenter d’accorder leurs violons et de mettre un terme à un épisode nauséabond qu’il «faut solder au plus vite», comme le répète à qui veut l’entendre Laurent Blanc, échaudé par cette réminiscence des tristes évènements de Knysna.

Des primes, mais quelles primes?

Un certain flou entoure le montant exact de ces primes et leur distribution à chacun. Laurent Blanc, lui-même, expliquait lors de l’annonce de la liste pour affronter l’Angleterre que «le partage des primes de publicité est complexe». Ce que l’on sait, c’est que cette manne financière tourne autour des deux millions d’euros et est liée en grande partie à la campagne de qualification des Bleus à la Coupe du monde. Et beaucoup moins à la piètre performance des joueurs en Afrique du Sud. En clair, et c’est sans doute ici que débute la polémique, si Patrice Evra a annoncé le soir de l’ultime défaite face à l’Afrique du Sud (2-1) vouloir «renoncer aux primes», on ne sait pas s’il s’agit ou non des primes de qualification ou des primes du mondial.

Qui veut les garder, qui veut les rendre?

«Il y a un malentendu, explique Hugo Lloris. Par rapport au Mondial que l'on a fait, en aucun cas on ne mérite des primes. On nous demande de refuser les primes sur la saison 2009-2010, et en ce qui nous concerne c'était surtout la Coupe du monde qui était nécessaire. Tout le monde est du même avis.» Vraiment tout le monde? Pas sûr. Eric Abidal, Djibril Cissé ou Patrice Evra ont depuis affirmé qu’ils ne voulaient pas toucher de primes, sans préciser lesquelles. Alou Diarra, lui, a tenté de mettre fin à la polémique en expliquant que les Bleus, liés contractuellement à ces sommes, voulaient les toucher pour ensuite les «reverser à des œuvres caritatives.» En tel cas, les mondialistes bénéficieraient d’importantes déductions d’impôts.

Qu’en pensent la Fédération et Laurent Blanc?

Une «surprise» qui met la Fédé dans l’embarras. La FFF avait en effet prévu d’utiliser cet argent. Officiellement, pour la reverser au foot amateur, comme elle l’avait promis. Officieusement, pour dédommager du désastre sud-africain les sponsors des Bleus, selon certains présidents de districts. Même si cette information a été démentie par la trésorerie de la FFF, il n’en reste pas moins que la FFF marche sur des braises dans cette affaire. Le sélectionneur, lui, veut prendre une position de médiateur entre son employeur et ses joueurs. Mercredi, Laurent Blanc demandait qu’on «lui laisse le temps de régler» le problème. «S’ils ont pris l’engagement de ne pas toucher d’argent sur la prime sponsoring, il faut qu’ils le respectent», tranchait-il alors. Le «Président» est fatigué qu’on lui rappelle sans arrêt Knysna, et va faire tout son possible pour passer très vite à autre chose.