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Bernard Herbert: «A la fédération, on ne s'occupe pas des vrais problèmes»

Bernard Herbert: «A la fédération, on ne s'occupe pas des vrais problèmes»

INTERVIEWLe président de l'association des présidents de districts devrait demander dans l'après-midi la dissolution du conseil fédéral...
Propos recueillis par Romain Scotto

Propos recueillis par Romain Scotto

Le monde amateur est en colère. Depuis près de trois mois et le désastre sud-africain, il exige la révocation du Conseil fédéral, un organe en partie responsable de la crise traversée par le foot français. Par la voix de Bernard Herbert, président de l'Association nationale des présidents de district, les amateurs demandent à ce que cette dissolution interviennent dès vendredi. Dans le cas inverse, avec 75 % des voix, les représentants de la base auront assez de poids pour convoquer une assemblée générale extraordinaire et ainsi parvenir à leurs fins.

Quelle sont vos motivations?

En tant que force de proposition, nous avons demandé à repenser la gouvernance de la fédération. Et à ce jour, un seul point n’a pas été mis en forme: C’est la démission générale du conseil fédéral. Depuis deux mois, cela n’a pas bougé. Si le conseil fédéral ne démissionne pas, avant le 15 octobre, on convoquera nous une assemblée générale extraordinaire pour provoquer un vote de défiance au conseil fédéral. Et il démissionnera.

Qu’est ce qui vous en donne le pouvoir? Vous semblez bien sûr de l’issue…

C’est dans les statuts de la fédération. Article 12 des règlements. On va réunir le nombre de voix nécessaire pour demander cette assemblée extraordinaire et on soumettra ça au président de la fédération.

Et qu’est ce qui vous dit qu’il l’acceptera?

Il ne peut pas refuser.

Quelle est la date de l’ultimatum?

Le 15 octobre. Mais on va déjà attendre de voir ce qu’il se passe au conseil d’aujourd’hui (vendredi). Sinon, on agira.

Concrètement, vous voulez dégagez certaines personnes en place?

Je pense que certaines personnes ne sont pas efficaces. Ça dort depuis un petit moment et ça continue de dormir. Maintenant, c’est fini. Il faut travailler d’une autre manière. On travaille de la même façon qu’il y a dix ou quinze ans en arrière. Il faut évoluer.

Quels problèmes cela va-t-il résoudre?

Je reproche à tout le monde de s’occuper un peu trop de soi-même. Et d’oublier les vrais problèmes. Qu’est ce qu’on a fait depuis deux mois? Il y a eu la nomination de Laurent Blanc, etc… Mais il y a encore des choses à mettre en place. Il ne s’agit pas de dormir. Jean-Pierre Escalettes a démissionné après la Coupe du monde. Et les autres? Ils n’étaient pas responsables?

Le président Duchaussoy n’a donc plus le soutien du monde amateur?

Ah si, si, absolument. Nous on a voté le soutien inconditionnel lors de notre congrès la semaine dernière à Montpellier. Dissoudre le conseil lui servira justement à former une nouvelle équipe. C’est lui qui a dit que le conseil fédéral était ingouvernable.

Vous pensez qu’il est solidaire de votre démarche?

Absolument.

Mais pourquoi n’a-t-il pas déjà dissout le conseil, alors?

Parce qu’il y a eu des entretiens avec les uns et les autres. Et ils veulent garder leur place... C’est partout pareil.

Quel est alors le conseil fédéral dont vous rêvez?

Un conseil fédéral où les membres élus n’auraient pas d’autre mandat. Ni président de Ligue, ni président d’un club professionnel. Il faut choisir. Je rêve d’un conseil fédéral un peu plus restreint. Entre 15 et 18 membres, disponibles compétents, plus jeunes.

Vous êtes intéressé pour y figurer?

Non, je ne recherche rien, j’ai 70 ans. Dans deux ans, je prends ma retraite. Il faut laisser la place à des gens plus jeunes et indemniser la fonction, comme les maires et les adjoints aux maires.