Grève de Knysna: Une commission d'enquête, mais pour quoi faire?
FOOT•Ce qu'il faut attendre de ce groupe de travail, chargé d'y voir plus clair sur l'épisode du bus, en Afrique du sud...Romain Scotto
Jusqu’au 5 août, les membres de la commission d’enquête désignée par Jean-Pierre Escalettes, enchaînent les auditions pour mettre définitivement à plat ce qu’il s’est passé dans le bus des Bleus à Knysna. Les sanctions qui pourraient toucher les 23 grévistes dépendent en partie des conclusions présentées par Patrick Braouezec, président de la fondation du football, Laurent Davenas avocat général à la Cour de Cassation et Jacques Riolacci, ancien président de la commission de discipline de la Ligue.
En quoi consiste leur mission?
C’était la dernière décision actée par Jean-Pierre Escalettes avant son départ précipité. L’ancien président «a souhaité avoir l’opinion de trois personnes indépendantes sur cette affaire, c’est tout», décrit Laurent Davenas. Avec ses deux commissionnaires, ils devront préciser le 6 août, devant le conseil fédéral, «ce qu’il s’est passé concrètement à Knysna». En clair, définir les responsabilités des membres du staff comme des joueurs, après l'épisode qui a terni l’image de l’équipe de France et la FFF. Au terme d’une semaine d’enquête, «on décidera devant quelle commission les gens à sanctionner seront déférés», enchaîne Davenas. Selon lui, il s’agira soit d’une commission disciplinaire, soit une commission d’éthique, au sein de la fédération. Reste à savoir quelle crédibilité cette «mission», selon la dénomination que lui a donné Jacques Riolacci (interrogé par Le Monde), possède auprès d’une fédération dont le président a changé. Lors de son intronisation, Fernand Duchaussoy avait soutenu du bout des lèvres le projet de son prédécesseur.
Comment s’y prennent-ils pour enquêter?
Depuis lundi, les réunions s’enchaînent au siège de la fédération. Après être passé devant les députés, il y a quelques semaines, Raymond Domenech était attendu mardi après-midi pour son audition. L’ex-sélectionneur des Bleus donnera de nouveau sa version des faits sur la grève de Knysna. Ensuite, les membres de la commission s’adapteront aux disponibilités des autres acteurs du fiasco. Davenas: «On va entendre l’encadrement et les joueurs qu’on peut entendre, sachant que ceux qui sont à l’étranger, ce sera plus compliqué.» Il faudra sûrement se contenter de quelques «leaders d’opinion», que la commission a déjà ciblés. Voire du seul Patrice Evra, lorsqu’il répondra à l’invitation. Au terme de ces entretiens, qui pourraient même s’effectuer par téléphone, Braouezec, Davenas et Riolacci rendront leurs premières conclusions le 5 août, avant qu’un «rapport de synthèse» soit présenté le lendemain, lors d’un conseil fédéral. C’est au cours de ce conseil que la possibilité de sanctionner les 23 «mutins» sera prise.
Quelle pourraient être les sanctions?
Pour marquer le coup, Laurent Blanc a déjà annoncé qu’il se passerait des 23 grévistes, le 11 août pour affronter la Norvège en amical. Il s’agit maintenant de savoir si cette sanction symbolique suffit pour clore (définitivement?) le dossier. A priori, ce ne sera pas le cas. Selon Davenas, les membres du conseil fédéral devront alors prendre leurs responsabilités. Les sanctions complémentaires figurent dans le code disciplinaire de la fédération. Et l’éventail est plutôt large, puisqu’il va de l’amende à la suspension. Si cela peut les aider, certains se sont déjà positionnés sur le sujet, à l’image de Lilian Thuram qui réclame toujours la tête de Patrice Evra. Mardi, c’est Manu Amoros qui a déjà demandé la non convocation, pendant de deux ans, des 23 sélectionnés pour la Coupe du monde, dans les colonnes de France Football.


















