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Coulée de boue à Givors: «C'est un phénomène exceptionnel qu'on ne pouvait pas prévoir»
REPORTAGE•Au lendemain d'une violente coulée de boue qui s'est déversée dans le centre-ville de Givors, au sud de Lyon, les habitants recensent les dégâts...Elisa Frisullo
D’immenses plaques de bitume gisent au milieu de la route, défoncée sur des centaines de mètres. Tout au long de la rue, une dizaine de voitures, embouties les unes dans les autres, sont restées prisonnières de la chaussée.
Ce lundi, les traces de la coulée de boue, qui s’est déversée dimanche soir dans le centre-ville de Givors, sont encore bien visibles. Une centaine de pompiers et fonctionnaires de la ville et du Grand Lyon sont encore mobilisés pour nettoyer et sécuriser la ville. Et les habitants de ce quartier de l’Etoile, situé à deux pas de l’hôtel de ville, regardent avec désolation cette scène de déluge.
35mm d’eau tombés en 20 minutes
Il était près de 19h lorsqu’à la suite d’un orage, très localisé, un ruisseau surplombant la ville a débordé et s’est déversé rue Saint-Gérald. « Il est tombé en 20 minutes près de 35 mm d’eau », indique le lieutenant colonel Lionel-Chabert, commandant des opérations de secours. Soit ce qui tombe en moyenne en un mois à Givors au printemps.
« Quand on a regardé par la fenêtre, on a vu de la boue descendre à toute vitesse. Puis très vite des plaques de goudron ont suivi », racontent Elodie et Aurélien, un jeune couple domicilié rue Saint-Gérald dont la voiture a été détruite dans le sinistre.
Des travaux déjà effectués après une crue en 1993
«On a eu une belle frayeur», ajoute l’un de leurs voisins, Lakhdar, 43 ans. «Mais au final, il n’y que des dégâts matériels. Vu la violence de la coulée de boue, cela aurait pu être beaucoup plus grave». Dans le sinistre, une centaine de voitures ont été endommagées, quelques maisons inondées et plusieurs rues dévastées. Mais personne n’a été blessé.
En 1993 déjà, le ruisseau de Merdary était sorti de son lit et avait débordé rue Saint-Gérald. Les dégâts avaient alors été moins importants. A l’époque, la municipalité avait fait construire un collecteur des eaux de pluie. Mais vu l’intensité des précipitations, l’ouvrage n’a pas suffi dimanche à éviter la crue. «C’est un phénomène exceptionnel, qu’on ne pouvait pas prévoir», a indiqué la mairie, qui envisage toutefois de réaliser des travaux plus importants sur le site.
Une seule famille à reloger
«La plupart des Givordins ont pu regagner leur maison», précise la mairie, qui dès lundi a demandé le classement de la zone en catastrophe naturelle. Seuls un couple et leurs trois enfants, chez eux lorsque l’eau a fait irruption dans l’appartement, ont dû être relogés. «Ils ont tout perdu. Leurs papiers, leurs meubles, leurs photos», témoigne une de leurs voisines.



















