Adidas 10K Paris : Mais au fait, faut-il s’arrêter au feu rouge lorsqu’on court, ou trottiner sur place ?
arrête-toi, Forrest, arrête-toi•Chaque coureur de ville se retrouve confronté à un dilemme de taille au feu rouge : s’arrêter net, ou trottiner en faisant du sur place ? On a demandé à deux experts la bonne attitude à adopterJean-Loup Delmas
L'essentiel
- Dimanche 8 juin, c’est le Adidas 10K Paris, dont 20 Minutes est partenaire. Le 10 km avec le plus de participants en France, et en ville bien évidemment.
- Si pour la course, les feux tricolores ne poseront aucun souci, les coureurs urbains sont confrontés à ce grand dilemme pendant leur entraînement : doivent-ils s’arrêter au feu rouge, stopper leur course et regarder les voitures passer, ou sautiller partout pour rester actif et avec le cœur battant ?
- Pour le savoir, 20 Minutes a demandé à deux experts de la course à pied quelle était la meilleure attitude à adopter devant ces satanés feux rouges.
Courir en ville, c’est savoir slalomer entre les voitures, les teckels, les corgis et les vélotafeurs. Risquer ses chevilles sur les pavés et les trottoirs. Cracher ses poumons entre les pots d’échappement. Mais c’est surtout connaître ce dilemme à chaque foutu feu rouge. Faut-il s’arrêter complètement ou trottiner sur place ? A voir les coureurs parisiens adopter différentes stratégies, la réponse est loin de faire consensus.
Pour Théo, hors de question de s’arrêter. « Cela coupe l’effort, fait baisser la fréquence cardiaque, et donc fausse la séance », dit-il en agitant frénétiquement ses genoux. Petite explication pour les trois dernières personnes à ne pas courir en France. En course à pied, la fréquence cardiaque peut être une donnée extrêmement importante, voire « essentielle » selon Théo, pour déterminer son allure de course. Certains entraînements, comme les footings en « endurance fondamentale » (aussi appelé Zone 2 ou footing de récup', si vous voulez tout savoir) doivent être idéalement courus à moins de 70 % de la fréquence cardiaque maximum. « Or, si je m’arrête, mon cœur ralentit, ce qui fausse les données. »
« S’arrêter ou non, ça ne change rien »
D’autres au contraire stoppent net au feu rouge. Question d’ego d’abord pour Lucille, « c’est un peu ridicule de sautiller partout », mais aussi d’élégance philosophique : « Il vaut mieux arrêter de courir que mal courir en se convainquant. »
Alors, qui a raison, qui a tort ? Tristan Pawlak, cofondateur de l’application Campus, spécialiste dans le coaching et la mise en place de plan d’entraînement, tranche le débat éternel. « En réalité, il est possible de faire les deux. » Voilà, voilà. Car, dans l’absolu, et a fortiori pour les footings, « s’arrêter ou non au feu rouge ne change rien. Le but des séances de footing, c’est d’accumuler des kilomètres pour faire tourner vos jambes et votre système cardio-vasculaire », poursuit Tristan Pawlak.
Les mêmes bénéfices… pour les footings
« Inutile donc de se prendre la tête pour un feu rouge, ou sur le fait de s’arrêter ou non », poursuit-il. Que vous couriez sur place, ou que vous vous arrêtiez complètement, « les bénéfices physiologiques de votre footing ne seront pas affectés ». C’est un peu moins vrai pour les séances d’intervalles, « où tant qu’à faire, on choisira des espaces sans feu rouge ». Deuxième explication pour les non-runners : sommairement, l’entraînement en course à pied se divise en deux catégories. Les footings, couru lentement, et les « séances de qualité », avec des intervalles courus vite. Et là effectivement, s’arrêter en plein milieu fausse un peu plus la séance.
Quentin Auberger, responsable marketing France de Coros, équipementier sportif, confirme : aucun préjudice à s’arrêter complètement pour les footings. Oui, la fréquence cardiaque va baisser, « mais cela n’aura pas d’impact majeur sur la sortie ». Par expérience, « la plupart des coureurs urbains s’arrêtent et arrêtent leur montre, pour ne pas faire baisser leur moyenne de vitesse sur la course. Mais c’est uniquement pour cette raison, il n’y a pas de bienfait sportif autre ».
Ne pas trop se prendre la tête et courir
Il existe pour Quentin Auberger une troisième solution, toute bête : courir dans la direction perpendiculaire au feu rouge le temps que ce dernier passe au vert. Mais vous l’aurez compris, pas besoin de se prendre la tête plus que ça. « S’arrêter une minute, même cinq minutes, n’a qu’un impact extrêmement minime sur la course. Les pros s’échauffent plus de 30 minutes avant la compétition, ce qui montre que le corps reste actif et prêt, même après un arrêt important. »
Et tant pis, si les données sont un tout petit peu faussées, pour un footing, ça n’a vraiment que très peu d’importance. Tristan Pawlak pour la conclusion : « Il est important de se détacher un peu des datas, et du run parfait. En course à pied, ce qui compte, c’est la régularité, pas la perfection, qui peut être contreproductive. Je préfère 1.000 fois un coureur qui va s’arrêter au feu rouge, ou va profiter de son footing pour aller chercher du pain et s’arrêter cinq minutes à la boulangerie, que quelqu’un qui va vouloir le run idéal et finalement ne pas courir. » Moins de prise de tête, plus de kilomètres avalés, vos jambes et vos chronos vous remercieront.


















