JO 2024 : A quoi servent les petits jets d’eau dans les épreuves de plongeon ?
détail qui tue•Situées sous les plongeoirs, des buses projettent un filet d’eau qui trouble la surface du bassin à l’endroit où l’athlète est supposé entrer en contact avec l’eauMikaël Libert
Les épreuves de plongeon se poursuivent en cette deuxième semaine des JO de Paris 2024, avec, vendredi, les demi-finales hommes de la discipline spectaculaire du plongeon de haut vol à 10 m. Et si vous avez regardé les précédentes épreuves, peut-être que votre œil aiguisé aura remarqué les jets d’eau placés sous les plongeoirs. Figurez-vous qu’en plus de donner un petit côté fontaine de Trevi au bassin, ce dispositif a une double utilité pour les athlètes.
Que ce soit en bassin, en rivière ou dans n’importe quel endroit qui permet de plonger de bonne hauteur dans un environnement encadré, des jets d’eau sont utilisés pour venir troubler la surface de l’eau à la verticale du point de saut. C’est d’autant plus indispensable pour du plongeon de haut vol, à partir de 10 m, ou de l’extrême, à plus de 20 m. Selon la fédération de plongeon du Canada, les jets d’eau servent à « produire des bulles d’air dans l’eau afin de diminuer la tension à sa surface et limiter l’impact chez le plongeur ».
« Tension de surface » et décélération brutale
Le phénomène est très bien expliqué par Marion Cossin, une doctorante de l’université de Montréal. « Lors de son entrée dans l’eau, le plongeur doit casser la tension de surface de l’eau. La tension de surface ou tension superficielle est une force qui existe à l’interface de deux milieux différents, l’eau et l’air dans ce cas-ci », décrit-elle.
En revanche, si elle reconnaît, études à l’appui, que la sensation d’impact lié à la tension de surface peut être ressentie comme forte par le plongeur, « la tension de surface influence très peu le risque de blessure ». Le vrai problème vient plutôt de la décélération brutale à l’entrée dans l’eau qui passe de 71 km/h à 0 km/h « en moins d’un tiers de seconde » pour un plongeon à 20 m. Pour ce même exemple, la force d’impact équivaut à 17 fois le poids du plongeur.
Alors, oui, les jets adoucissent un peu le choc provoqué par l’entrée dans l’eau. Néanmoins, cela n’est efficace que si le plongeur arrive dans une verticale parfaite. « Dès 10 degrés d’inclinaison, et plus le corps s’approche d’une position horizontale, plus la durée de décélération diminue et plus l’impact est dangereux », affirme la doctorante. Ça explique que, jets d’eau ou pas, on se déchire en faisant un plat du seigneur.


















