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Accident mortel dans l’ultra-trail du Haut Giffre en Haute-Savoie

Haute-Savoie : Accident mortel dans l’ultra-trail du Haut Giffre… « Le chaos, des gens criaient »

drameLa course d’endurance de Samoëns a fait un mort et deux blessés graves ce week-end à cause de conditions météo particulièrement exécrables
Nicolas Camus

N.C.

L’ultra-trail du Haut Giffre, qui se tenait du 14 au 16 juin à Samoëns (Haute-Savoie), a tourné au cauchemar pour les participants dans la nuit de vendredi à samedi. Le terrain avait été rendu impraticable à cause des trombes d’eau qui se sont abattues dans le secteur, et un homme de 52 ans a fini par trouver la mort après une chute.

Trois autres ont été blessées, dont deux grièvement « mais sans pronostic vital engagé », a indiqué samedi la procureure de la République de Bonneville Karline Bouisset.

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Un témoignage glaçant

Dimanche, un des participants a livré un témoignage glaçant dans les colonnes du Parisien. David Varlez, traileur pourtant très expérimenté de 46 ans, n’avait jamais connu un tel enfer. « J’ai déjà fait plusieurs ultra-trails en montagne où les conditions étaient exécrables. On sait que la nature peut malmener avec de la pluie, du vent, du froid. Mais ce samedi, ça dépassait l’entendement, les chemins s’étaient transformés en torrents », raconte-t-il.

David était aux premières loges lorsque l’accident mortel est survenu, aux alentours de 4 heures du matin, dans une descente très raide. « J’ai vu les victimes chuter sous mes yeux et disparaître dans l’obscurité du vide. Il faisait nuit noire. C’est la première fois de ma vie que j’ai eu peur de mourir », témoigne-t-il. Il décrit une descente qui s’était transformée en « patinoire », avec en plus un terrain dégradé par le passage de concurrents d’une autre course, un peu plus tôt. La corde installée pour aider les coureurs à passer ne suffisait pas à assurer la sécurité.

« J’ai vraiment cru que j’allais y passer »

« Tout le monde glissait, dérapait, se retrouvait sur les fesses. Le chaos. Des gens criaient. J’ai vraiment cru que j’allais y passer. » Peu de temps après, la course a été arrêtée. « Je commençais à avoir très froid. Il fallait continuer à descendre, perdre de l’altitude pour retrouver un lieu abrité et en sécurité », poursuit David.

De nombreuses personnes ont été soignées pour hypothermie, selon la préfecture, qui a évoqué les conditions difficiles de prise en charge par le PGHM (peloton de gendarmerie de Haute Montagne) et le Sdis (service départemental d’incendie et de secours) en raison du secteur, situé en altitude, et des conditions météorologiques difficiles.

Enquête ouverte

L’enquête, ouverte pour « recherche des causes de la mort » et « mise en danger de la vie d’autrui » a été confiée à la Brigade de recherches de Bonneville avec l’appui du PGHM de Chamonix. Elle doit « faire toute la lumière sur les circonstances précises de ces accidents et établir ou écarter d’éventuelles responsabilités pénales ».

« Le matériel obligatoire demandé par les organisateurs n’était pas suffisant pour affronter cette météo extrême, estime le témoin. Mais je ne veux pas trop les blâmer, ils ne s’attendaient pas à une pluie de cette intensité sur ce passage. » Lui se dit « choqué » par ce qu’il a vu et vécu, mais ne l’empêchera pas de « refaire des courses de trail », assure-t-il.