Patinage artistique : « Un climat malsain normalisé », dénonce Gabriella Papadakis, qui avoue avoir été en burn-out
Santé mentale•Après le titre olympique obtenu avec Guillaume Cizeron, Gabriella Papadakis a pris une pause loin des compétitionsA.H.
Ils ont tout gagné : un titre olympique, cinq couronnes mondiales et européennes, sept sacres au championnat de France. Après leur médaille d’or aux Jeux de Pékin, en 2022, Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron avaient décidé de prendre une pause d’un an, sans « fermer la porte » à une reprise douze mois plus tard. Plus de deux ans après cette coupure, les deux patineurs n’ont toujours pas repris la compétition.
Si Papadakis et Cizeron continuent de patiner, notamment lors de spectacles comme Holiday on Ice ou des galas, ils sont bien loin des championnats du monde de patinage artistique, qui se disputent actuellement au Canada. Depuis le titre olympique, la Française s’est lancée dans un processus thérapeutique pour l’aider « à dénormaliser » des choses qui, en réalité, m’avaient fait souffrir », comme elle l’a confié dans un long entretien à France Info.
« Le problème, c’est qu’on autorise, qu’on accepte et qu’on normalise quand même beaucoup de violences. Et on pense que les résultats vont juste les effacer ou les annuler, ou permettre de tout pardonner. Alors que non ! »
« Ce ne sont pas des actes isolés »
Gabriella Papadakis en profite pour dénoncer un système malsain et normalisé dans le monde du patinage artistique. « Ce ne sont pas des actes isolés, ni des personnes isolées. C’est un climat. Moi, par exemple, quand je partais en tournée, j’avais entre 16 et 18 ans. On partait en tournée avec Gilles Beyer [ancien entraîneur, aujourd’hui décédé, qui a été accusé de viol par Sarah Abitbol] ! Qui était bourré, qui nous faisait des commentaires toute la journée, et qui rentrait dans les vestiaires quand on se changeait. »
Gabriella Papadakis reconnaît aussi avoir traversé une période compliquée pendant la pandémie de Covid-19 : « Je pense que j’étais en burn-out depuis longtemps. Et je suis restée en burn-out. Aujourd’hui, ça va beaucoup mieux, parce que c’était un travail [thérapeutique] que je ne pouvais pas faire pendant que je patinais. »


















