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mobilitELe réseau de transports parisiens est-il prêt pour les JO de Paris2024 ?

JO de Paris 2024 : A un an des Jeux, le casse-tête des transports parisiens

mobilitEUne question est sur toutes les lèvres : pourra-t-on se déplacer facilement en Île-de-France pendant la compétition ?
Le prolongement de la ligne 14 ne suffit pas à calmer les inquiétudes quant à la capacité du réseau à accueillir le public des Jeux.
Le prolongement de la ligne 14 ne suffit pas à calmer les inquiétudes quant à la capacité du réseau à accueillir le public des Jeux. - Romuald Meigneux / SIPA / Sipa
Elodie Hervé

Elodie Hervé

L'essentiel

  • La Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut) Île-de-France craint des saturations sur certaines lignes parisiennes.
  • De son côté, la présidence de Paris 2024 assure que le système de transport public est efficace « au regard d’autres villes qui ont pu organiser les JO avant nous. ».
  • La réservation d’une voie de circulation pour les accrédités des JO fait grincer des dents.

Ce soir du 14-Juillet, pour admirer le feu d’artifice, la foule était au rendez-vous. Mais pour quitter la zone du Trocadéro à Paris, il fallait s’armer de patience, entre taxis et VTC indisponibles, métros surchargés et stations Vélib’ vides. « J’ai mis plus de deux heures avant de pouvoir prendre le métro », explique Arthur, 25 ans.

A un an des JO, les transports parisiens restent un sujet d’inquiétude. Si la ligne 14 du métro va être prolongée, d’autres ne seront pas prêtes à temps, notamment celles reliant les aéroports au centre de la capitale. « Prendre les transports va être compliqué, explique Claude du comité d’usagers du RER B (Cour B). Surtout pour le RER B, ce sont de vieux trains non climatisés. Entre la chaleur et l’affluence, il risque d’y avoir de très nombreux malaises. »

Pour faire face, la fréquence des transports en commun sera augmentée, et un plan sera mis en place pour permettre aux 500.000 spectateurs/jours d’accéder aux épreuves. Les autorités préconisent aussi de laisser de côté la voiture au profit des transports en commun et du vélo. « Pour répondre à ce défi, le maître-mot est l’adaptation, souligne le service communication de Paris 2024 qui travaille avec Île-de-France Mobilités. Il n’y aura pas un seul plan de transport, mais plusieurs plans jour par jour, voire heure par heure. » Des propos confirmés par Tony Estanguet, président de Paris 2024, lors d’un point d’étape le 18 juillet : « Aujourd’hui, le système de transport public est efficace au regard d’autres villes qui ont pu organiser les JO avant nous. »

Pas intéressé, mieux vaut s’en aller

« Le sujet des transports s’est beaucoup accéléré ces six derniers mois, ajoute Michaël Aloïsio, directeur général délégué du Comité d’organisation des Jeux. On a un comité des mobilités qui se réunit toutes les six semaines, présidé par un ministre. Il n’y a pas de warning, de danger majeur. »

Si côté spectateurs et athlètes, les discussions sont en cours, pour les Parisiens qui ne souhaitent pas se rendre aux JO, les autorités encouragent le recours au télétravail ou à poser des congés. « Moi, je ne serai pas dans la région à ce moment-là, reconnaît Bernard Gobitz, vice-président de la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut) Île-de-France. C’est une envergure exceptionnelle, et des équipes travaillent dessus depuis un mois. Mais il reste plusieurs points d’inquiétude comme le bas du 16e arrondissement où des épreuves devraient avoir lieu en même temps au Parc des Princes et à Roland-Garros. » À cela s’ajoutent des lignes de bus qui vont être déviées et des stations de métros qui devraient être fermées pour des raisons de sécurité. « Une présentation devrait être faite à la rentrée », ajoute-t-il. Patience donc, on en saura plus bientôt.

Voie de covoiturage sur le périphérique, un sujet épineux

Pour favoriser le déplacement des sportifs et des équipes, une voie va être réservée aux délégations sur le périphérique parisien. L’idée ? Permettre aux urgences de circuler sans encombre, mais aussi aux sportifs d’arriver à l’heure aux épreuves, sans rester coincés dans les embouteillages. Car, au total, ce sont 250.000 athlètes, journalistes et VIP qui vont devoir circuler à Paris, en plus de toutes les personnes venues les soutenir et des Parisiens.

« Pour le seul transport des accrédités, nous allons déployer l’équivalent du réseau de bus lyonnais », expliquait Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France en mars dernier. « Un centre de 900 bus devrait aussi voir le jour à Aulnay-sous-Bois pour transporter toutes ces personnes », ajoute Bernard Gobitz, vice-président de la Fnaut Île-de-France. Une fois les JO terminés, cette voie pourrait devenir une voie de covoiturage, réservée aux transports en commun et aux taxis. Le projet initial devrait bientôt être revu, car lors de la consultation des habitants d’Île-de-France, une très grande majorité des personnes (entre 80 et 85 %) s’est déclarée opposée à cette voie réservée. À suivre donc.

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