Aravane Rezaï a cogné juste à Madrid

TENNIS Grâce à une puissance mieux canalisée, la Française a battu Venus Williams en finale du tournoi de Madrid...

A.P.

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Aravane Rezai, le 16 mai 2010 à Madrid.
Aravane Rezai, le 16 mai 2010 à Madrid. — J.Molina / REUTERS

«Je trouve que le tennis devient plus facile depuis que je rentre sur le court avec un plan tactique.» A 23 ans, Aravane Rezaï cogne toujours aussi fort, mais avec discernement. Enfin. Métamorphosée depuis qu’elle reçoit les conseils de Patrick Mouratoglou (ancien mentor de Marcos Baghdatis), la Française a remporté hier sur la terre battue de Madrid l’un des principaux tournois de préparation avant Roland-Garros. Après Justine Hénin et Jelena Jankovic, c’est autour de l’Américaine Venus Williams de céder face à la tornade Rezaï (6-2, 7-5).

Après un premier set survolé par la Stéphanoise, l’Américaine a bien mené 5-3 dans le deuxième, mais Rezaï a retourné la situation à son avantage avec une lucidité qu’on ne lui connaissait pas. Rezaï pointe désormais au 18e rang du classement WTA. Une progression qui ne doit pas surprendre son entraîneur.

«Transformer les points forts en coups exceptionnels»

Au moment de reprendre en main fin 2009 la carrière d’une joueuse capable alors du meilleur (parfois) comme du pire (souvent), Patrick Mouratoglou avait alors conscience de travailler avec un diamant brut. Très brut même. Mais à aucun moment, il n’a voulu tout reprendre à zéro avec cette jeune fille éduquée au tennis par un père aussi autodidacte que colérique. «Il y a deux façons de voir ce métier: il y a ceux qui regardent les points faibles des joueurs et qui cherchent à les améliorer et il y a ceux qui cherchent à investir sur leurs points forts. Moi, j’estime qu’en travaillant les points faibles, on rend les gens moyens. Je trouve plus intéressant de transformer les points forts en coups exceptionnels», détaillait Patrick Mouratoglou interrogé par 20minutes en février dernier.

La semaine madrilène vient valider cette approche «positiviste». Plus légère dans ses déplacements, son élève arrose moins que par le passé et sait attaquer à meilleur escient. Quant à son service, il est enfin devenu digne d’une joueuse du Top 100. Inutile de chercher plus loin loin le principal (le seul?) espoir du tennis féminin français pour le prochain Roland-Garros.