Pays-Bas - Etats-Unis : Avec Dumfries et Blind, grosse poussée des extrêmes chez les Oranje

FOOTBALL Les Pays-Bas se sont imposés 3-1 contre les Etats-Unis en 8es de finale de la Coupe du monde 2022 et doivent beaucoup à leurs latéraux, Blind et Dumfries

William Pereira
— 
Les Pays-Bas sont en quarts de finale
Les Pays-Bas sont en quarts de finale — Andrew Surma

De notre envoyé spécial à Doha,

Pour une équipe touchée par des symptômes grippaux, les Pays-Bas ont l’air plutôt en forme. A commencer par Denzel Dumfries. De passage en zone mixte après sa performance de haut vol face aux Etats-Unis - un but et deux passes décisives - l’homme du match n’avait pas l’air au fait de l’état de santé du groupe qui inquiétait Louis Van Gaal avant les 8es de finale.

« La grippe ? Quelle grippe ? » Surement pour les défenseurs américains enrhumés par ses débordements et ses appels de balle. Le joueur de l’Inter Milan a évidemment été impérial pendant toute la rencontre, mais on ne peut pas s’empêcher de taper sur les doigts de la défense des Etats-Unis. Pour ne parler que du troisième but, il est criminel de laisser un joueur d’une telle qualité au second poteau comme on abandonne lâchement un chien en forêt.

Les avantages de la défense à cinq

Il serait néanmoins bien malhonnête de résumer les buts des Oranje à des erreurs américaines. Affirmer pareille ineptie reviendrait à éluder tout le travail qui se cache derrière les circuits de passes, et notamment ces fameux centres en retrait de l’ami Dumfries, travaillés par Louis Van Gaal.


« Sur les buts qu’on a marqués aujourd’hui, analyse l’Interiste, j’ai fait une passe décisive à Daley (Blind), un autre latéral, et il m’en fait une à moi. Donc on a démontré les qualités du système et on espère que ça continuera. » Une réponse à peine masquée aux critiques pas toujours fans de cette version austère des Pays-Bas. Chez une nation excessivement nostalgique du football total de Cruyff, terminer une rencontre avec 41 % de possession et une ligne défensive à cinq - qui plus est contre un outsider - peut paraître hérétique. Dumfries, toujours.

« Aux Pays-Bas on a l’habitude d’avoir la possession, c’est vrai. On peut jouer mieux avec la balle et se créer plus d’occasions, mais on voit aussi qu’on est très forts en contre-attaque avec des attaquants rapides et aussi une défense très forte. »

C’est l’histoire du premier but. Une récupération de balle de la ligne arrière, une circulation rapide, un ou deux décalages et Depay pour terminer le bazar.

« Le meilleur match » des Néerlandais au Qatar

Au-delà des qualités tactiques et techniques indéniables de l’équipe, le capitaine Virgil Van Dijk souligne la force mentale de ses coéquipiers. Ils auraient pu trembler après la réduction du score miraculeuse de Wright d’une Madjer ratée, mais ont préféré repartir de l’avant pour calmer les ardeurs américaines. Le 3-1 ne mettra que cinq minutes à venir. « Le but américain, je ne sais pas comment il est entré, enrage encore le défenseur des Reds. Mais après cela, nous avons trouvé le moyen de continuer à nous battre et cela dit tout sur cette équipe, je pense. »

Ces Pays-Bas connaissent une progression linéaire. Dumfries parle du match de samedi comme « du meilleur du tournoi jusqu’ici » et personne dans le vestiaire oranje ne compte s’arrêter là. Et qu’importe que l’Argentine se dresse sur leur chemin en quarts de finale. Andries Noppert, encore solide dans ses buts. « Contre Messi, il faudra aussi faire le boulot. » A cinq derrière, ça pourrait le faire.