Régis Brouard: «On est dans la même période que Bordeaux»
FOOT•L'entraîneur de Quevilly a du mal à remobiliser ses joueurs après la défaite contre le PSG en coupe de France...Propos recueillis par Matthieu Payen
A la tête de son équipe de CFA, Régis Brouard ne fait pas de complexe. En Coupe de France, il n’avait pas hésité à se comparer aux équipes de Ligue 1 à qui il avait fait mordre la poussière. Désormais engagé dans une mauvaise passe en championnat [trois défaites consécutives à domicile], Régis Brouard n’hésite à y voir une ressemblance avec… la galère de Laurent Blanc.
Avec le recul, quel regard portez-vous sur le match contre le PSG?
Gentiment, un peu de frustration. De la déception. On se dit qu’on est passé à peu de chose d’un truc énorme. Ca s’est joué à peu de chose en leur faveur. Maintenant il faut remettre les choses dans leur contexte, Paris a fait un gros match, suffisant pour se qualifier.
Vous avez regretté certains de vos choix?
Après coup, on s’interroge. J’aurai peut-être pu changer plus tôt d’organisation, mais je ne voulais pas casser l’équilibre dans l’équipe. Je voulais surtout ne pas prendre un deuxième but pour garder espoir. Ca a failli marcher, on touche le poteau. On aurait marqué, ça aurait été le bon choix. Là, ça n’a pas marché.
Depuis cette élimination, votre équipe déjoue en CFA. La Coupe de France lui a coupé les jambes?
Mes joueurs sont fatigués physiquement d’abord. Il ne faut pas oublier que pendant trois mois ils ont joué tous les trois jours. On a beaucoup tiré sur la corde et aujourd’hui, ça pète de partout. Et puis, au niveau mental, ils ont pris un coup. Avec les sollicitions des médias, ils ont oublié de rester concentré sur le football. J’ai presque envie de dire qu’on est dans la même période que Bordeaux. C’est exactement le même truc, sauf qu'eux étaitent en quart de finale de Ligue des champions. On en vient à penser: «vivement que la saison se termine».
Certains joueurs ont probablement déjà la tête tournée vers les clubs pro…
Certains ont été sollicités, d’autres aimerait l’être. Ca doit les perturber. Il y en a qui vont quitter le club, ils vont donc devoir déménager, le cadre familial n’est pas toujours évident à gérer. Donc, quand j’en demande encore et encore, ils n’arrivent plus à répondre.
Dans Paris-Normandie, vous avez déclaré que «ces dans ces moments-là qu’on se rend compte de tout le mal que la Coupe de France peut induire sur un club amateur». Vous regrettez votre parcours?
Non, pas du tout. Je signerai tout de suite des deux pieds, des deux mains pour revivre une telle aventure. Mais il faut comprendre que c’est difficile, quand vous êtes dans une spirale positive avec les regards, les médias, et puis, du jour au lendemain, vous n’avez plus rien. Les joueurs dans le football amateur ne sont pas habitués à ça. Donc, c’est compliqué de se remobiliser pour une autre compétition.
En tant qu’entraîneur que faire, que dire pour lutter contre cette situation?
Moi, j’ai peu de mal à être patient et attendre que ça revienne. Donc, je dis les choses telles qu’elles sont pour essayer de leur faire comprendre. Le problème, c’est que toucher l’ego des joueurs ça devient de plus en plus compliqué. Si vous avez un effectif de trente joueurs, quand il y en a un qui n’est pas content, vous pouvez le sortir. Mais quand vous avez 15 joueurs et des blessés… Les mecs ne sont pas fous, ils savent qu’ils rejoueront même s’ils râlent.
Et en ce qui vous concerne, vous nous aviez dit que vous souhaitiez revenir vers le monde professionnel. Vous avez eu des touches?
Oui, j’ai eu quelques coups de téléphone pour se renseigner sur ma situation et ce que je comptais faire. Mais pour l’instant, rien de concret, donc je préfère ne pas trop en parler pour le moment.



















