Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
Karim Benzema, un joueur « habité par la lumière » pour les commentateurs

Benzema futur Ballon d'or (3/4)  : Karim Benzema, un joueur « habité par la lumière » pour les commentateurs

footballA l’approche de la désignation du Ballon d'or, pour lequel Karim Benzema fait figure d’immense favori, « 20 Minutes » consacre une série d’articles à l’attaquant français du Real Madrid
Antoine Huot de Saint AlbinAdrien MaxW P

A.H., A.M., W.P.

L'essentiel

  • Karim Benzema, sauf immense surprise, va remporter le Ballon d'Or lundi soir, le premier pour un joueur français depuis Zinédine Zidane en 1998.
  • 20 Minutes consacre une série d’articles à l’attaquant du Real Madrid, qui a porté son équipe vers un doublé Liga-Ligue des champions, avec 45 buts inscrits dont 10 en phase finale de C1 en 2021-2022.
  • Ce dimanche, place au troisième épisode, dans lequel vous lirez ce que pensent de lui les commentateurs de certaines de ses actions les plus marquantes.

Il en avait rêvé l’an passé avant de finir au pied du podium, un peu déçu, et nous avec. Mais la saison éblouissante de Karim Benzema, meilleur buteur du championnat d’Espagne et de la Ligue des champions, ne laisse pas le choix aux jurés du Ballon d'or. L’attaquant désormais légendaire du Real Madrid va devenir le premier joueur français à recevoir la récompense suprême depuis son ancien entraîneur Zinédine Zidane, en 1998. Vingt-quatre ans à patienter pour une explosion des sens vertigineuse sur le tard. Longtemps, KB9 a diffusé l’idée d’un talent à mi-temps, avant de s’élever dans une dimension insoupçonnable. « 20 Minutes » lui consacre une série d’articles avant le D-Day. Troisième épisode ce dimanche : Benzema vu par les ceux qui ont commenté quelques-unes de ses actions les plus mémorables.

Ils étaient là, au stade, pour raconter l’extraordinaire derrière leur micro. Pour faire vivre aux amateurs un moment dont ils se souviendront, une passe, une feinte, un geste fou, un but auquel plus personne ne croyait et qui fait basculer une saison. Un plaisir, évidemment, mais aussi une responsabilité. Car quand on se repasse les actions, une fois, deux fois, cent fois, le commentaire vaut parfois autant que le geste en lui-même. Comme la volée de Pavard est indissociable de la voix de Grégoire Margotton, par exemple.


Pour rendre hommage à Karim Benzema, nous avons convoqué quatre hommes qui ont passé des heures à observer et décrire le phénomène. Le commentateur de Canal+ Paul Tchoukriel, ceux de beIN Sports Eric Di Meco et Omar da Fonseca, et enfin celui de Real Madrid TV, David Alvarez Izquierdo. Chacun livre sa version du Nueve, puisée dans un moment de grâce ou un ressenti pendant un match.

  • Le 8e de finale retour face au PSG la saison dernière (triplé de Benzema en quinze minutes), par Paul Tchoukriel

« Mon souvenir le plus marquant de Benzema, c’est son troisième but lors de ce match. C’est celui qui symbolise le plus le parcours des Madrilènes. C’est un but instinctif, alors que le Real est dans une sorte de moment de transe. Il vient de marquer le deuxième, et le diable sort de sa boîte en frappant de l’extérieur du pied droit pour marquer. Il aurait pu tenter n’importe quel geste, ça serait rentré. Il était tellement irrésistible qu’il pouvait faire n’importe quoi, c’était sûr que ça allait au fond. La différence avec Benzema [par rapport à d’autres grands joueurs], c’est son côté guide, la force qu’il dégage, et le fait qu’il est toujours juste dans ce qu’il fait. Si tu es un jeune joueur et que tu veux jouer au foot, tu dois regarder Benzema. Il est juste, jamais égoïste. Il privilégie toujours le jeu, il le respecte. »


L’accès à ce contenu a été bloqué afin de respecter votre choix de consentement

En cliquant sur« J’accepte », vous acceptez le dépôt de cookies par des services externes et aurez ainsi accès aux contenus de nos partenaires.

Plus d’informations sur la pagePolitique de gestion des cookies

  • Le fameux dribble le long de la ligne face à l’Atlético Madrid lors de la demi-finale retour de la C1 2016-2017 (et un peu plus bien sûr), par Omar da Fonseca

« Sur cette action, Karim m’a fait me lever de ma chaise. J’ai vraiment l’impression que par moments, il joue en smoking et avec des chaussures qui brillent. C’est un joueur habité par la lumière. Il sait ce qu’il doit faire dans le bon tempo, il y a une harmonie. C’est un facilitateur d’émotions. C’est pas facile d’exprimer constamment la classe sur un terrain, et lui, il joue un football d’élégance et de subtilité. Il garde un visage fermé, sérieux. C’est un joueur qui te réconcilie avec la passion du football. Il a l’efficacité belle.

Ça se voit que beaucoup des buts qu’il marque sont préparés, il les anticipe, on dirait qu’il les a déjà imaginés la semaine. Les gestes sont souvent très naturels, très relâchés. C’est pas Haaland. Non, Benzema appartient plus à la caste des Van Basten, Lewandowski, ce genre de joueurs qui mettent de la lumière, qui savent jouer, combiner, faire des une-deux. Ils peuvent jouer dos au but, ils peuvent marquer des buts où il y a un dribble, un contrôle, une feinte avant. »


L’accès à ce contenu a été bloqué afin de respecter votre choix de consentement

En cliquant sur« J’accepte », vous acceptez le dépôt de cookies par des services externes et aurez ainsi accès aux contenus de nos partenaires.

Plus d’informations sur la pagePolitique de gestion des cookies

  • La phase finale de LdC complètement lunaire la saison dernière, par Eric Di Meco

« J’ai un souvenir du match à City où, pendant que ses copains se font bouger là-bas et qu'ils baissent la tête, c’est lui qui va faire le pressing et qui les encourage à en faire de même pour monter d’un cran. D’ailleurs, il récupère ensuite un ballon sur un but du Real. J’ai le souvenir de l’avoir noté et dit dans mon commentaire en direct. C’est lui qui lance la rébellion à chaque fois, parce qu’il se sentait touché par la grâce. Et puis il y a évidemment le souvenir de cette Panenka

C’est dur de dire que Messi ou Ronaldo ont fait ce que Benzema a fait parce qu’ils avaient Iniesta et Xavi, ou Kroos, Casemiro et Modric qui étaient là au milieu et qui avaient une influence énorme. Je ne sais même pas jusqu’où il faudrait remonter pour trouver un seul joueur qui a porté à ce point une équipe. Là, quand on regarde bien, le Real était très moyen en 8es et en quarts. En demies, ils se font marcher dessus. Ce titre est surréaliste.

Le commenter au Bernabeu, c’est particulier. J’ai vu la différence entre le début où j’allais commenter là-bas, où il était le serviteur de Cristiano, et l’an dernier. Il a fallu qu’il aille le chercher, ce statut, parce que ce n’était pas gagné. »

  • L’attitude de leader, par David Alvarez Izquierdo

« A bientôt 35 ans, il connaît encore une carrière ascendante, ce qui arrive à peu de joueurs. La saison dernière, Karim, c’était un leader. Mais pas juste celui d’une équipe : celui du club, du Bernabeu. Je me rappelle que, lorsque le Real Madrid égalise face à City [en demi-finale retour], Bernardo Silva regarde Karim au milieu de terrain, l’air de dire : "Mais qu’est-ce qu'il se passe ?", et Karim lui "répond" : "C’est ce qui se passe ici". La saison passée a été une folie totale et on ne vivra jamais plus pareille saison. Le PSG, Chelsea, City, on racontera tout ça à nos petits-enfants. Ça fait 18 ans que je commente les matchs et je pensais avoir tout vécu avec ce club. Mais l’année passée, ce qu’ont fait Karim et le Real Madrid… (il souffle). JAMAIS je ne pensais vivre ça. C’est impossible à dépasser. On n’oubliera jamais ce qu’a fait Benzema.

S’il y a une image que je dois retenir de tout ça, c’est le poing levé de Karim, main bandée, regardant le Bernabeu, après avoir égalisé face au PSG, comme s’il savait ce qui allait se passer. Et il a fait la même chose face à Chelsea et à City. Tu regardais la tête de Karim, tu savais ce qui allait se passer ensuite. Ça me reste plus en tête que ses buts décisifs lors de ces matchs. »