« On ne dirait pas mais c’est physique ! »… Le football se joue aussi en marchant

SPORT SANTE Inventée en Angleterre en 2011, la discipline trouve de plus en plus d’adeptes en France

Jérôme Gicquel
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Le football se joue aussi en marchant — 20 Minutes
  • Version lente du football, le foot en marchant se développe partout en France.
  • La discipline a ses propres règles puisqu’il est interdit de courir sur le terrain mais aussi de tacler et d’avoir des contacts physiques avec l’adversaire.
  • Le foot en marchant s’inscrit dans une démarche de sport-santé, permettant à des seniors d’avoir une activité physique sans risque de blessure.

Un stand de galette saucisse, une buvette qui ne désemplit pas et des joueurs qui se tirent la bourre et envoient des mines sur une pelouse cabossée. Voici le football vrai comme on l’aime en Bretagne. Chaque week-end, cette tradition se perpétue dans chaque bourgade de la région, véritable terre de foot. A mille lieues de la Ligue 1, on se retrouve ici entre copains sur le terrain, pour parler de la soirée de la veille et occasionnellement marquer des buts. Rien d’anormal, donc, à voir autant d’agitation dimanche sur la pelouse de Bourgbarré, petite commune située au sud de Rennes. Un détail frappe tout de même l’amateur de foot que je suis car aucun des joueurs foulant le carré vert ne daigne courir. Ont-ils fait trop fort samedi soir, se couchant à pas d'heure ?

Pas du tout. Tous ces joueurs participent en fait à un tournoi de football en marchant, une version lente du sport roi. Inventée en Angleterre au début du XXIe siècle, la discipline trouve aujourd’hui de plus en plus d’adeptes en France. Elle s’inscrit dans une démarche de sport-santé, permettant à des personnes de tout âge de pratiquer une activité sportive sans se blesser. « Les tacles et les contacts sont interdits, ce qui limite le risque de blessure », souligne Sébastien Perrault, joueur de l’US Vern Football.

« On retrouve toutes les sensations du foot »

Il y a quelques années, ce dernier avait pourtant dit adieu au football après une rupture des ligaments croisés. « C’était ma passion et ça me manquait de taper le ballon avec les copains », indique-t-il. Depuis qu’il a découvert le foot en marchant, Sébastien peut donc de nouveau s’adonner à sa passion. « J’ai même redécouvert l’essence du foot car tout est basé sur le jeu de passes et de placement », assure-t-il.

Ancien joueur professionnel au Stade Rennais, Jean-Michel Bellat retrouve aussi le plaisir de tâter le cuir à 79 ans. « J’ai encore du mal parfois à ne pas courir tellement c’est instinctif, assure le septuagénaire. Mais sinon, on retrouve toutes les sensations du football. Et on ne dirait pas mais c’est physique ! ». Responsable de la section de Gouesnou (Finistère), Frédéric Moysan acquiesce. « On travaille beaucoup le cardio car on est toujours en mouvement. Et on sent parfois que ça tire au niveau des muscles le lundi matin au boulot », se marre-t-il.

De nombreuses femmes dans les équipes

Bon pour le corps, le football en marchant l’est aussi pour l’esprit. « On est là pour faire du sport mais aussi pour se marrer, indique Loïc, 59 ans et licencié au club de Tinténiac (Ille-et-Vilaine). C’est sympa car il n’y a pas d’enjeu et en plus on a passé l’âge de se prendre la tête comme c’est parfois le cas dans le foot amateur. » Intergénérationnel, le foot en marchant se veut aussi mixte avec la présence de nombreuses femmes dans les équipes.

Privée de foot par ses parents quand elle était gamine, Isabelle, 50 ans, savoure ainsi son bonheur. « J’ai toujours baigné dans l’univers du foot mais je peux enfin le pratiquer », indique-t-elle, appréciant surtout « la bonne ambiance » qui règne dans son équipe. Pour l’anecdote, c’est le club de Saint-Porchaire en Charente-Maritime qui a remporté le tournoi, s’imposant 1 à 0 face aux joueurs de Crevin (Ille-et-Vilaine). Mais à Bourgbarré dimanche, l’essentiel n’était pas là.