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Martin Fourcade sort de la masse

Martin Fourcade sort de la masse

VANCOUVER2010Le frère cadet des Fourcade s'offre sa première médaille d'argent aux Jeux, à 21 ans...
Romain Scotto

Romain Scotto

De notre envoyé spécial à Whistler,


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Ole Einar Björndalen parle rarement en l'air. Quand on l'interrogeait sur les hommes à suivre sur la neige de Whistler, le sage norvégien n'oubliait jamais les frères Fourcade. Simon, mais aussi Martin, le cadet surdoué à qui tout le monde prédit un avenir doré. Sous le soleil ardent du parc olympique, il a commencé par se parer d'argent, au terme d'un come-back ébouriffant. 28e de cette mass start après le premier tir, le jeune biathlète sest envolé sur ses skis pour reprendre un à un ses adversaires, hormis le Russe Utsyugov. Autant dire que sans ses trois fautes au tir, Fourcade junior fêterait aujourd'hui son premier titre olympique.


Aux premières loges de ce final à la Marc Raquil, ses coachs se montraient à peine bluffés par la performance d'un athlète qui n'était jusque là jamais monté sur le moindre podium de Coupe du monde. Encore une fois, les Français avaient le bon fart. Mais pas seulement. «Qu'il ait le bon ou le mauvais matériel, il est toujours dans les meilleurs temps à skis depuis le début de l'année», analyse Stéphane Bouthiaux, le responsable du groupe des hommes. «Là, c'est de la génétique, il peut dire merci à se parents. Il a une grosse VO2.»


Mise au point


Dans la famille, Simon est déjà leader de la Coupe du monde. Mais de l'aveu des coachs, la France a trouvé en Martin le meilleur skieur sur lequel elle n'a jamais pu compter. «On est bien au-delà de ce qu'était Raphaël Poirée». Soit la référence ultime du biathlon français.


Depuis le début des Jeux, pourtant, le cadet de la famille n'y était pas vraiment. «C'était l'ombre de lui-même», enchaîne Bouthiaux. Le cinquième médaillé du biathlon français avait perdu son tir couché. Même à l'entraînement, ses performances inquiétaient. «C'est là qu'il a des progrès à réaliser, concède Siegfried Mazet, le coach du tir. Mais quand on voit ce qu'il fait sur les skis...»


Deux jours avant la course, le staff avait réuni ses hommes pour une mise au point. L'objectif, «remettre les pendules à l'heure» dans un groupe qui commençait «à s'endormir». Martin a été piqué. Le garçon, dont le discours est déjà très posé, reconnaît lui-même qu'il a parfois besoin d'être recadré. Déjà chez les juniors, ses coachs lui reprochaient parfois son côté dilettante, très doué en sport, mais pas vraiment décidé. Le potentiel était présent. Il suffisait juste d'apprendre à l'exploiter.