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Sébastien Guiheux y revient toujours

Sébastien Guiheux y revient toujours

boomerang Le natif d'Abbaretz, âgé de 35 ans, fait partie du Top 5 français de la discipline
David Phelippeau

David Phelippeau

Il a ça « dans le sang ». Alors que certains sont passionnés par les constructions de maquettes en allumettes, lui, dessine, fabrique, polit, bichonne, s'approprie les boomerangs. Sa subite passion, il a bien du mal à en déterminer l'origine. « Personne dans ma famille n'en faisait », avoue Sébastien Guiheux. Vers 8 ans, tout est prétexte pourtant à façonner un boomerang. Jusqu'aux « cintres de ma mère ». Avec souvent plus ou moins de réussite. « Je me souviens avoir acheté en supermarché des espèces de boomerang en forme de bananes, mais ils ne volaient pas », raconte cet employé du service logistique du CHU.

« Je ne me vois pas m'arrêter ! »
A 17 ans, il « officialise » son hobby en prenant une licence au Nantes top boomerang, club dont il est désormais le président. La confidentialité de la discipline fait qu'il est confronté très vite aux tout meilleurs. Ses idoles d'hier deviennent en quelques semaines ses adversaires de l'époque. Sébastien fait rapidement son trou. Sa spécialité ? C'est l'« aussie round ». Cette épreuve combine distance, précision et rattrapage. « Je lance cinq fois mon boomerang à 50 m et je dois le rattraper. » Spécialiste à tel point qu'il est devenu, l'année dernière, quatrième français. Une distinction qui donne encore davantage de crédit à sa passion dévorante. « Ce n'est pas commun comme sport, ça prête même à sourire, explique celui qui vient d'avoir une petite fille. Mais quand les gens voient des démonstrations, ils sont tout de suite impressionnés. » Puis, il lance avec un sourire : « Mais, c'est vrai c'est moins crédible que de faire de l'athlétisme… »
Moins crédible mais tout aussi physique. « A la fin de l'épreuve d'endurance, t'es souvent mort ! Tu dois lancer le boomerang un maximum de fois en trois minutes et le rattraper à chaque fois… Tu finis allongé par terre ! » En mai, Sébastien prendra avec les Bleus la direction de Rome pour le Mondial. Comme lors de toutes les grandes compétitions, il ira sur ses congés et sur ses propres deniers. Quand on aime, on ne compte pas. C'est un peu sa devise. « Je ne vois pas m'arrêter un jour d'en faire. Ce n'est pas possible. J'aime cette sensation de liberté. Quand tu envoies le boomerang à 50 m et qu'il revient vers toi… »

Ce week-end, à Beaulieu, aura lieu la Coupe de France de boomerang. Tous les meilleurs spécialistes seront présents. Dimanche, le public pourra découvrir d'autres disciplines comme l'aéromodélisme ou l'ultimate. L'entrée est gratuite.