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La course camion, entre assistance et performance

La course camion, entre assistance et performance

DAKAR – Les camions en compétition ne font pas seulement briller les couleurs des sponsors. Certains font aussi de l’assistance…
Matthieu Payen (à San Juan, Argentine)

Matthieu Payen (à San Juan, Argentine)

De notre envoyé spécial en Argentine.


La chance, Marco Piana connait. Pour le meilleur et pour le pire. «L’an dernier, la boîte de vitesse de notre camion a cassé au bout de seulement quatre jours, rappelle l’Alsacien. Dans ces cas-là, il n’y a rien à faire.» Coup dur pour celui qui était chargé d’assurer l’assistance sur la piste de quatre quads? Pas tant que ça. «J’ai pu continuer à suivre les quads sur les bivouacs et ça m’a permis de prendre le temps pour régler leurs soucis chaque soir», poursuit-il. Au final, trois des quatre quads sont arrivés à bon port.


Droit à l’entraide


Cette année encore, Marco Piana a fait venir son camion Mercedes Unimog - le plus petit en compétition – sur les pistes d’Amérique du Sud. Sous son aile, deux quads et une voiture. «Ce sont des clients. Nous avons un contrat avec eux, détaille-t-il. Le principe est que, sur le Dakar, aucun participant n’a le droit à une aide extérieure en course. Seule l’aide entre concurrents est tolérée. Donc, nous nous inscrivons en course camion pour avoir le droit de les dépanner.»


Pour eux, comme pour la moitié des 52 camions engagés, pas question de penser au classement. Ils laissent cela aux "locomotives" bleus du team Kamaz, qui écrasent les dunes et la compétition depuis dix ans. Les Russes Vladimir Chagin et Firdaous Kabirov se partagent une fois de plus les deux premières places. Au risque de rendre la course ennuyeuse. «Peut-être, mais sur le bord des routes, ils font toujours leur effet sur le public», répond David Castera, directeur de la course. Marco Piana ne s’inquiète pas non plus de ce manque de compétition: «Les Kamaz ramènent de la notoriété aux camions parce qu’ils impressionnent et cette notoriété permet à de petits pèlerins comme nous d’exister.»


En 13e position


Ces petits pèlerins jouent leur rôle à fond. Si le matin, l’un des clients part après le camion, il faut se garer et l’attendre. Si l’un d’eux a le moindre pépin, il faut le dépanner, le tracter hors d’un trou, quel que soit le temps que cela prend. Mais pour accomplir cette tache, il ne faut surtout pas casser. «Notre camion pourrait être plus léger, mais nous misons sur sa fiabilité et non sur sa rapidité, résume Piana. Je roule à un rythme constant sans prendre trop de risque. Mon petit camion se conduit comme un gros 4x4.» Christophe Troesch, l’un des deux copilotes, nuance le trait de modestie: «Dans les dunes, ce n’est pas évident, mais Marco a le coup de main.»


A tel point qu'à mi-Dakar, il se trouvait à une paradoxale 13e place. «En fait, les meilleurs se tirent la bourre et parfois font des erreurs, analyse Piana. Et puis, le parcours très accidenté avantage notre petit camion.» Malgré tout, le véritable rôle de celui-ci a vite repris le dessus. En se déroutant pour tracter la voiture de son client, lors de la 8e étape, Marco Piana a été sanctionné de 50 heures de pénalité qui lui coûtent onze places au classement. «C'est dans le contrat», justifie simplement Christophe Troesch.