Jean-Marc Mormeck face à son défi
BOXE•L'ancien champion du monde des lourds-légers fait son retour jeudi soir en montant de catégorie...Impossible de se demander si ce vieux briscard ne l'a pas un peu fait exprès. Pendant que les coachs de Daouda Sow et de Khedafi Djelkhir filment leur protégé à la pesée et que Vinny Maddalone, son adversaire de jeudi soir (voir ci-dessous), déambule avec son clan, Jean-Marc Mormeck se fait désirer. Sur une moto taxi appelée en urgence, le boxeur de la Seine-Saint-Denis arrive avec 30 minutes de retard. Une façon de mettre la pression? «Non, je vous assure que ce sont les embouteillages.» Sans façon, l'ancien champion du monde se déshabille dans les travées de l'Adidas Store des Champs-Elysées et monte sur la balance: 98,600 kgs. 105,300 kilos pour Maddalone. Le natif du Queen's, les biceps plus sculptés que les abdos, a le visage fermé. Mormeck lui tâte les pectoraux, hilare comme un gamin de 37 ans. Pas de pression pour cette fois.
Une revanche dans un coin de la tête
Pourtant le défi que s'est lancé le dernier grand boxeur français est immense. Après 25 mois d'arrêt, il a décidé de remonter sur le ring dans la catégorie suprême: les lourds. Avec l'ambition, peut-être démesurée, de retrouver courant 2010, le Britannique David Haye (récent champion du monde WBA) qui l'avait mis à la retraite en 2007 d'un KO à la 7e reprise. «Cette défaite m'a fait plus mal que les autres.» Un échec dur à digérer pour le tombeur de Virgin Hill en 2002. «Quand tu reviens à la compétition, il faut essayer de ne pas te comparer à l'avant, d'oublier tes meilleurs combats», explique Mayar Monshipour, l'autre grand nom de la boxe hexagonale des années 2000 dont le come-back en 2008 s'était achevé au quatrième affrontement.
Une blessure inquiétante
«Il faut d'abord passer ce combat. Ensuite on montera en puissance», glisse Jean-Marc Mormeck en haut le corps qu'il a refusé d'enlever pour les photographes. Car le défi s‚est singulièrement pimenté fin octobre. Victime d'une rupture du biceps droit lors d'un entraînement et opéré dans la foulée, il repousse son combat d'un mois seulement alors que sa convalescence en nécessite le double. «Même mon entraîneur a eu des doutes. Moi j'ai fait avec.» Sans jamais avoir abandonné le foncier, Mormeck n'a remis les gants qu'en début de semaine dernière, une dizaine de jours avant le combat. «Il ne sera pas à plus de 70% de ses moyens physiques», explique son coach Eric Collette.
Un retour risqué, à l'image de sa carrière. Mormeck n'avait que 15 combats amateurs dans les gants quand il est passé pro. Face à Virgin Hill, en 2002, il arrache la ceinture alors que personne ne le connaît. «Une première victoire a déjà été remportée. Plus de 90% des 5000 places de la Halle Carpentier sont déjà réservées. Il existe un vrai public pour ce sport», explique Mormeck devenu son propre promoteur. Un autre défi...



















