Gaël Monfils: «Cette semaine, je n'avais pas forcément envie d'être là, mon staff a réussi à me regonfler»

TENNIS Déçu, fatigué mais pas abattu, Gaël Monfils revient sur sa finale de Bercy perdue contre Novak Djokovic...

Propos recueillis par Alexandre Pedro

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Gaël Monfils à Bercy, le 14 novembre 2009.
Gaël Monfils à Bercy, le 14 novembre 2009. — REUTERS/ Jacky Naegelen
De notre envoyé spécial à Bercy

Comment vous sentez-vous après cette finale héroique mais perdue?

Déçu. Je suis forcément déçu. Je voulais la victoire et rien d'autre.

Pourtant, vous avez fait un retour incroyable alors qu'on croyait ce match plié?
Peut importe. Moi tout ce que je vois ce que je vois, c'est que j'ai mal servi au tie-break du troisième. On peut dire ce qu'on veut, ce que je retiens c'est que je n'ai pas été capable de gagner ce tie-break. Aujourd'hui, c'est la déception qui domine. Je relativiserais peut-être dans les jours à venir.

Vous vous faites des reproches sur cette finale?
Non, aucun. Novak a très bien joué. A 6-2, 3-0, il jouait à la perfection, ne faisait pas une faute. J'ai dû me battre pour revenir et rester dans le match. Ensuite, j'ai réussi à devenir plus agressif. Mais s'il faut trouver un léger regret, je dirais encore le tie-break du troisième set. J'aurais pu être plus agressif en retour sur son second service.

Est-ce une question d'expérience?
Non, ça n'a rien avoir avec l'expérience. Il a mieux géré cette situation parce qu'il a une grande confiance en lui. Bravo Novak.

Qu'avez-vous pensé au moment où Djokovic menait 6-2, 3-0?
Ca m'a bien aidé.  A ce moment précis, je me dis que le mec en face est un cyborg. Il ne ratait pas grand chose. Il prenait la balle tôt. Bravo. Même à Virtua Tennis il joue moins bien.


Quel premier bilan tirez-vous de votre saison 2009?
Ma saison est très bizarre. Je ne sais pas, je n'arrive pas à la juger. J'espère juste que c'est une saison normale par rapport à  celles qui vont suivre. Je vais finir dans les 15, ok, mais c'est une saison un peu plate.  En même temps, je me dis que je n'ai pas joué plusieurs Masters Series. J'ai eu quelques problèmes physiques avec plusieurs coupures. Je n'ai presque pas joué de la saison sur terre battue, sauf Roland-Garros. Je ne suis pas loin. Cette fin de saison me donne envie de faire une saison complète et de me dire «Qu'est-ce que ça donnerait un Monfils qui joue toute l'année, tous les tournois sans pépin?» L'année prochaine j'espère revenir dans les 10 et y rester.

Et de votre semaine?
Ce que j'ai fait ici je le dois à mon staff. Ca me prouve que j'ai trouvé les bonnes personnes. On m'a souvent reproché de ne pas les avoir, maintenant ça y est. J'ai mon bon agent, mon bon kiné, mon bon entraîneur (l'Australien Roger Rasheed). Ce sont des gens qui arrivent à me parler, à être durs quand il le faut. Cette semaine, je n'avais pas forcément envie d'être là, je ne me sentais pas bien, je passais mon temps à me plaindre. Ils ont réussi à me remettre mentalement au top. Le bilan c'est «merci» à mon équipe.

Le programme maintenant, c'est beaucoup de repos?
Lundi, je prends l'avion pour la Guadeloupe, c'est l'anniversaire de mon papa. On organise un énorme match de foot, donc pas de repos! Il faut que je marque, j'ai encore plus la pression qu'ici. Après, je passe une petite semaine à me reposer. Le programme pour 2010, je ne sais pas trop encore.