40.000 personnes font leurs adieux à Robert Enke

FOOTBALL Après le suicide de l'International...

Avec agence

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Le cercueil de Robert Enke, lors de la cérémonie d'adieux sur le terrain de Hanovre 96, dimanche 15 novembre 2009.
Le cercueil de Robert Enke, lors de la cérémonie d'adieux sur le terrain de Hanovre 96, dimanche 15 novembre 2009. — REUTERS/Morris Mac Matzen

Quelque 40.000 personnes, dont l'équipe nationale allemande de football, ont fait leurs adieux dimanche à Hanovre à Robert Enke, le gardien de but du club de la ville qui s'est suicidé mardi, vaincu par la dépression.

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Favori pour garder les buts de la Mannschaft au Mondial-2010 en Afrique du sud, le joueur de 32 ans «n'était pas seulement une idole mais un idéal», a déclaré le prêtre Heinrich Plochg qui connaissait bien sa famille.

Suivi depuis 2003

Il a rappelé à la foule que «l'échec, la maladie et les coups du sort» ne constituaient «pas des faiblesses que l'on doit s'entraîner à faire disparaître, même si notre société nous le demande souvent».

Suivi par des psychiatres depuis 2003, Enke s'est jeté sous un train mardi soir dans la banlieue de Hanovre, où il vivait avec son épouse Teresa et la petite fille qu'ils avaient adoptée en mai après la mort, en 2006, de leur propre fille Lara, née avec une grave malformation cardiaque. Il devait être enterré à ses côtés dimanche après-midi dans l'intimité.

Ovation

Avant l'éloge funèbre, les joueurs de l'équipe allemande, portant tous le deuil, s'étaient recueillis tour à tour devant le cercueil exposé au milieu du stade AWD-Arena d'une capacité de 45.000 places.

La veuve du joueur, Teresa, qui avait témoigné au lendemain de la mort de son conjoint de la maladie dont il souffrait, a été ovationnée. Autre moment très émouvant quand des coéquipiers d'Enke ont porté son cercueil à l'extérieur du stade en vue de sa mise en terre.

En direct

Dans l'hebdomadaire Der Spiegel, son père, Dirk Enke, lui-même psychothérapeute, a estimé que «la peur a joué un très grand rôle» dans le déclenchement de la dépression de son fils.

L'hommage funèbre a été retransmis en direct par plusieurs chaînes de télévision et sur deux grands écrans à l'extérieur du stade.

Dans un pays où le football est profondément ancré dans la culture populaire, la mort de Enke a suscité un émoi sans précédent bien au-delà du milieu sportif. Quelque 35.000 personnes avaient défilé jeudi à l'issue d'un service religieux dans le centre de Hanovre.