UCI-AFLD, les raisons d'un clash

DOPAGE Pourquoi l'Agence française de lutte antidopage s'en est-elle pris avec tant de virulence à l'UCI? Décryptage...

Matthieu Payen

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 Pierre Bordry (à g.), président de l'AFLD, et Pat Mac Quaid (à d.), président de l'UCI, avaient conclu un accord pour le Tour 2009
 Pierre Bordry (à g.), président de l'AFLD, et Pat Mac Quaid (à d.), président de l'UCI, avaient conclu un accord pour le Tour 2009 — G. Fuentes/REUTERS

L’UCI, le vieil ennemi

En choisissant de s’attaquer aux instances mondiales du cyclisme, l’AFLD souhaite régler ses comptes avec les méthodes laxistes de l’UCI. La brouille remonte aux années de lutte entre ASO et la Fédération internationale. Depuis 1998 et l’affaire Festina, l’organisateur du Tour de France a été obligé de lutter contre le dopage pour sauver son épreuve alors que l’UCI, a trainé des pieds. En juin 2009, un accord de raison se noue pourtant. ASO et l’UCI se réconcilient obligeant l’AFLD, qui s’était occupée de tous les contrôles sur le Tour 2008, à faire une place aux superviseurs de l’UCI. Mais rapidement, Pierre Bordry, le président de l’AFLD, ranime les vieilles rancœurs: «Il y a un manque de rigueur des superviseurs de l’UCI. On a l’impression que certains font preuve de complaisance à l’égard des coureurs, que la même règle ne s’applique pas à tous», balance le président de l’AFLD dans Le Figaro.  Première alerte qui laisse présager le clash.


 

Pourquoi maintenant?

Il y a un an, l’AFLD fait parler d’elle en désamorçant deux bombes nommées Stefan Schumacher et Bernhard Kohl. Tous deux éblouissent le Tour 2008, avant d’être contrôlé positif à l’EPO Cera, un produit très moderne que certains médecins pensaient indétectables. Une réussite pour l’AFLD dont le travail est alors salué par les acteurs de la lutte anti-dopage. Mais cette année, rien. Pas un coureur contrôlé positif ni pendant, ni après le Tour. Plutôt que de conclure naïvement que le dopage a vécu ses dernières heures, l’AFLD estime que l’UCI a été moins rigoureuse qu’elle sur le Tour 2008. Une passe d’armes qui intervient à une semaine de la présentation du Tour 2010 (le 14 octobre).

 

L’AFLD en partie responsable?

Depuis quelques mois, l’AFLD s’est beaucoup investi pour mettre au point un système de détection de l’insuline, un produit censé être à la mode dans le peloton: «Les nouveaux tests portaient sur l’insuline qui, alliée à une injection de glucose, permet de recharger les muscles. Le problème est que l’insuline utilisée disparaît très rapidement de l’organisme.» Ces nouveaux tests ont-ils été inefficaces sur le Tour 2009? L’agence française avait en tout cas annoncé qu’elle utiliserait ce nouveau test sur les échantillons 2008. «L’AFLD avait annoncé qu’elle livrerait à l’automne et on attend toujours», dénonce le coureur de la Cofidis, Amaël Moinard. Contacté par 20minutes.fr, Pierre Bordry n’était pas joignable mardi soir.

 

Quelle solution pour ASO?

Dans ce nouveau brasier, ASO n’a pour le moment pas pris position. Faut-il se passer de l’AFLD, l’allié loyal à l’époque de la guerre contre l’UCI? Faut-il rallumer les feux contre les instances mondiales?