Julien Lizeroux: «Me bouger pour aller chercher d'autres médailles»

SKI Le vice-champion du monde du slalom et du super-combiné aborde sa saison olympique sans faire une obsession du rendez-vous de Vancouver...

Propos recueillis par Romain Scotto

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Le skieur français Julien Lizeroux, sur le podium du slalom de Kranjska Gora, le 1er mars 2009.
Le skieur français Julien Lizeroux, sur le podium du slalom de Kranjska Gora, le 1er mars 2009. — L.Matej/SIPA

Sans son casque et son masque, on peine à le reconnaître. Les cheveux mi-longs, la barbe broussailleuse, Julien Lizeroux assume son look de Père Noël avant d'aborder, dans trois semaines, le premier slalom de la saison, à Solden. Après une préparation estivale passée sur les montagnes du sud de l'Argentine et du Chili, le double médaillé d'argent des Mondiaux de Val d'Isère, pas vraiment obsédé par les JO de Vancouver, est désormais impatient de rechausser les skis en Coupe du monde.

Une saison olympique se prépare-t-elle comme les autres, ou avez-vous déjà en tête l’objectif des Jeux?
Ça ne change rien du tout. On me demande si je suis plus motivé, si j’ai mis en place des choses particulières… J’ai toujours été à 100%. Je ne peux pas aller au-delà. Et puis, il ne faut pas oublier qu’on a une saison de Coupe du monde à gérer. Les Jeux Olympiques, c’est une course. On a toute une saison avant. Moi, je me focalise sur la prochaine course, dans trois semaines. Après, je penserai à la suivante. Je ne fonctionne pas sur du moyen ou du long terme. Les JO, c’est très, très loin.

Mais ça se prépare dès maintenant, non?


Oui, mais rien n’a changé à ma préparation parce qu’on a toujours fait toutes les disciplines à l’entraînement. La seule chose qu’on a rajoutée, c’est une semaine de descente avec le groupe vitesse au Chili pour essayer de réduire l’écart sur le super combiné. On a fait de la boxe aussi. Ça apprend à prendre et donner des coups mais ça rend surtout plus fort dans la tête. Pendant deux ans, on nous a parlé de Val d’Isère. Et dès que je suis monté sur le podium, on m’a dit: "C’est de bon augure pour Vancouver". J’ai dit, attends, je vais peut-être en profiter, après on verra. Donc les Jeux, on n'y est pas encore.

Après vos deux médailles de Val d’Isère, une médaille aux Jeux aurait-elle encore plus d’éclat?


Je ne crois pas. Enfant, j’ai toujours rêvé du globe de cristal. Sportivement, c’est ce qui récompense le meilleur skieur de la saison. Maintenant, je sais très bien que les Jeux Olympiques, c’est le graal en terme de reconnaissance médiatique. Attention, ce n’est pas du tout après ça que je cours. Gagner cette course, c’est quelque chose d’exceptionnel. A nous de travailler dur et de nous dépenser sur les compétitions pour arriver prêts le jour J et battre les autres.

Quels enseignements tirez-vous de cette saison pour préparer au mieux celle qui arrive?


Mes deux médailles m’ont apporté beaucoup de confiance. Je dois entretenir la dynamique. Je sais que, quand on s’adapte bien aux conditions, on peut faire de belles choses. Ramener deux médailles lors de championnats du monde à domicile, c’est un sommet. Mais je suis quelqu’un d’exigeant, j’ai vite tourné la page. Maintenant on remet les compteurs à zéro. Si je ne me bouge pas je n’irai pas chercher d’autres médailles.

Vous répétez souvent que Jean-Baptiste Grange est le plus fort en équipe de France. C’est pour vous décharger d’une pression et mieux surprendre cette année?


Non, non pas du tout. Jean-Baptiste a innové techniquement, il est le seul à pourvoir le faire. Moi je m’inspire de sa manière de faire parce que je pense que c’est l’avenir. Après, ce n’est pas pour me décharger de quoi que ce soit. De toute façon quand je suis au départ je suis tout seul. Et ça me va très bien comme ça. Jean-Baptiste est un peu devant. Je ne suis pas loin derrière.