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Domenech, seul contre tous

Domenech, seul contre tous

FOOTBALLPour la première fois depuis 2004, les critiques populaires à l'encontre de Domenech trouveraient-elles un écho au sein du groupe France?...
Matthieu Payen

Matthieu Payen

Et si l’altercation entre Thierry Henry et Raymond Domenech avait mis à mal les fondations de la méthode Domenech? Depuis sa prise de fonction en 2004, le sélectionneur n’a cessé de bâtir un mur de communication autour de l’équipe de France: il y a l’intérieur et l’extérieur du groupe. Une façon de protéger ses joueurs d’un environnement forcément perturbateur et une façon de répondre aux critiques de l’extérieur qui ne comprennent forcément rien à la vie du groupe. Cette méthode a sans doute atteint son apogée lors de l’Euro 2008. Reclus dans l’Hôtel Mirador Kempinski, sur les bords du Lac Léman, les Bleus vivent en autogestion. Au final, c’est un fiasco et Domenech ne se trompe pas de bouc émissaire: «Il y avait la configuration de l’hôtel, presque une forme de cul-de-sac, et on a été victime de cette géographie.» Lundi, le cocon entre l’extérieur et l’intérieur semble s’être brisé avec les critiques de Henry qui rejoignent les avis critiques de l’extérieur.

«Les joueurs s'exonèrent de leur responsabilité»

Car, depuis la campagne désastreuse de 2008, le manque d’empathie de Domenech ne passe plus. Au terme d’un Euro désastreux, sa légèreté lorsqu’il avait demandé la main de sa compagne le soir de l’élimination avait été la goutte d’eau qui avait fait déborder le Stade de France, jamais muet lorsqu’il s’agit de siffler le sélectionneur. Domenech avait alors sauvé sa peau à la faveur de soutiens providentiels, dont les plus importants étaient justement venus de l’intérieur du groupe. «S’il y a eu des erreurs, il n’était quand même pas tout seul [à les faire]. Franchement, j’aimerais qu’il reste», avait notamment lâché Franck Ribéry.

Pourtant, les vicissitudes des qualifications pour le Mondial 2010 ont probablement exacerbé les tensions internes. Et depuis lundi, on sait que Domenech a perdu le soutien de ses joueurs. «En le critiquant ainsi, ils confortent l’idée populaire que le sélectionneur se trompe et ils s’exonèrent de leur responsabilité», critique Jean-Luc Mano, expert en communication. Une autre façon de dire que le groupe s’est fissuré. «Domenech est très différent à l’extérieur et à l’intérieur du groupe», analysait pourtant Noël Le Graët en 2008 pour expliquer la communication maladroite du sélectionneur et le fait que les joueurs le soutenaient. Une analyse peut-être périmée depuis ce week-end.