Revenir au top après une grossesse, c'est possible
MEDECINE•Comme Kim Clijsters, plusieurs sportives gèrent parfaitement leur retour de grossesse...Romain Scotto
A la voir galoper et cogner dans sa balle sans trop grimacer, on a du mal à croire que Kim Clijsters a laissé ses raquettes de côté pendant deux ans. Ses adversaires parlent en chœur; la Belge de 26 ans n’a rien perdu de son tennis et son jeu de jambes après naissance de sa petite Jada, en février 2008. Invitée à l’US Open, où elle entre en lice lundi face à Kutuzova, la revenante pourrait bousculer la hiérarchie après ses quatre succès contre des joueuses du top 20 à Cincinnati et Toronto.
«J'ai retrouvé mes coups très vite, sourit la jeune maman. Physiquement, en revanche, ça n'a pas été facile de s'y remettre. Mais le plus dur, probablement, a été de devoir admettre que je ne serai plus, quoi qu'il advienne, la même joueuse que celle de 2007.» Car une grossesse peut changer beaucoup de choses dans une carrière. Christine Arron ou Murielle Hurtis connaissent bien le sujet. Depuis leur accouchement, les deux sprinteuses courent toujours après leur meilleur niveau.
«Epanouissement et réassurance»
«Il faut endurer des modifications hormonales importantes, une perte de la masse musculaire, note le docteur Jousselin, chef du département médical de l’Insep. Le fait de porter un bébé modifie la position du bassin. Il faut quelques mois pour s’en remettre. En moyenne, il faut compter une année.» Dans le sport, impossible donc d’envisager un retour express à la Rachida Dati. Au mieux, les sportives reprennent l’entraînement un mois après l’accouchement. Le cheminement est alors long pour revenir au plus haut niveau. Aussi bien physiquement que mentalement.
«Le vrai problème pour revenir, c’est la motivation», poursuit Jousselin. La marathonienne Paula Radcliffe, la judokate Tamura Tani ou l’escrimeuse Laura Flessel, ont plutôt bien négocié la chose. «Elles sont revenues plus fortes, souligne Carole Maître, gynécologue à l’Insep. Une grossesse, c’est aussi un challenge, une prise de recul par rapport à la compétition. On vit pour autre chose et ça peut aider. Il y a chez certaines un réel épanouissement et une réassurance.»
C’est peut-être qui pousse Kim Clijsters à vouloir jouer encore deux ans . En attendant, l’ex-numéro 1 mondiale, victorieuse à New York il y a quatre ans, doit déjà s’habituer à certains changements. «Je reste prudente, le circuit féminin n’est plus le même, avec de nombreuses filles que je ne connais pas. Je prendrai donc tous mes matchs comme si je jouais contre des têtes de série.» Preuve que la Belge ne débarque pas vraiment à New York pour pouponner.



















