L'irrésistible ascension de Moussa Sissoko
FOOT•Le Toulousain est la dernière surprise en date de Raymond Domenech…A.P.
Le bonheur c’est simple comme un coup de téléphone, surtout quand il émane de Raymond Domenech. «J'ai eu le sélectionneur au téléphone, c'est lui qui m'a annoncé cette nouvelle. C'est une grande joie, je crois être l'homme le plus heureux du monde», se pince encore Moussa Sissoko, pas encore, 20 ans (il les aura le 16 août) et l’humour sur répondeur qui va avec. «Si toi très important, moi je te rappelle», se marre le jeune homme en forçant sur l’accent malien.
Plus Droopy que jamais, le sélectionneur ne déborde pas d’enthousiasme pour décrypter son choix: «C'est pour voir, il est performant avec son club, il faut voir pour l'avenir. Des joueurs ont des qualités, des aptitudes, il faut voir où ils se situent avec les meilleurs».
Si cette convocation pour le prochain match Iles Féroé – France récompense la grosse saison du milieu toulousain, elle a aussi le mérite d’aider Sissoko à trancher entre la France et la Mali. Bien que sélectionné chez les Bleuets, Sissoko peut encore très bien choisir le pays de ses parents comme Frédérique Kanouté ou son homonyme Momo Sissoko l’ont fait avant lui. Une seule minute avec les Bleus le 12 août prochain sur le champêtre terrain Tórshavn et il ne pourra plus faire marche arrière.
Même pas licencié à 15 ans
Si son nom commençait à circuler ces derniers jours, la surprise reste de taille, au moins de celle de ses cuisses. Avec son 1m87 pour 83 kilos, le petit nouveau en impose. Phénomène athlétique, Sissoko reste un continent à défricher. Sa technique est encore rudimentaire, mais le potentiel physique du garçon n’est pas sans rappeler celui de Patrick Vieira, même si Alain Casanova l’utilise à un poste plus avancé au TFC.
Dragué par Tottenham à l’intersaison, Sissoko a décidé de rester fidèle au club qui est venu le chercher à La Courneuve. A l’époque, l’adolescent de 15 ans n’a jamais vu la couleur d’une licence de la FFF. Deux ans plus tard, Elie Baup n’hésite pas à le lancer en Ligue 1. Dans une équipe qui lutte pour le maintien, Sissoko gagne une place de titulaire avant de confirmer en 2008/2009. Gentiment charrié par ses coéquipiers pour sa maladresse devant le but, Sissoko termine tout de même deuxième buteur des Violets derrière l’inévitable André-Pierre Gignac avec quatre réalisations. De quoi recevoir encore bien quelques appels de gens importants.
Sissoko a mis son but à la Maradona. D'accord c'était contre Schirrhein, mais ça vaut le coup d'oeil.


















