La métamorphose Michael Phelps
NATATION•Depuis sa moisson de titres à Pékin, le nageur américain a beaucoup changé...Romain Scotto
De notre envoyé spécial à Rome,
On peut l'affirmer sans prendre un grand risque, Michael Phelps ne fera pas aussi bien à Rome qu'à Pékin. Non pas qu'il soit moins fort qu'il y a un an, lorsqu'il avait amassé huit médailles d'or dans le Cube d'eau. La star américaine présente simplement un programme allégé. Cinq courses, en incluant les relais. Pour ne rien changer, l'Américain a attaqué ses Mondiaux par un titre en relais, dimanche soir. Mais après un break de six mois, une prise de poids conséquente et une suspension pour s'être fait piéger, pipe à eau en main, en train d'inhaler du cannabis, c'est bien un athlète nouveau qui nage en Italie.
Son physique: plus puissant. Lorsqu'il serre les poings en signe de victoire, le nageur de Baltimore est aussi sec et affûté qu'il y a un an. L'image de Phelps dimanche soir, biceps et abdos saillants au bord du bassin romain est un copier - coller de Pékin. Preuve que les neuf kilos pris après les Jeux ont vite été éliminés. L'Américain a pourtant travaillé différemment cette année. Désirant descendre sur 100m pour défier Bernard (un torticolis l'avait privé de sa sélection sur la distance), il a largement diminué son volume d'entraînement, privilégiant l'intensité à l'endurance. Phelps est passé en un an de 80 à 40 km de nage hebdomadaire. De son propre aveu, l'élève de Bob Bowman est moins performant sur l'effort long, mais plus puissant, surtout du haut du corps.
Son mental: plus décontracté. «Avec Bob, on a travaillé dur pour réaliser ce que personne n'avait jamais fait», notait Phelps au début de la compétition. Maintenant, les choses ne sont plus comme avant.» En un mot le nageur est plus «relax». Après la finale du relais, dimanche, l'Américain a passé son temps à se bidonner, bouche grand ouverte, à chacune des réponses de Ryan Lochte devant la presse. Rien de très hilarant pourtant. Michael est juste bon public. Délesté d'une pression depuis les Jeux, il prendrait aujourd'hui plus de plaisir dans une piscine, ce qui ne l'empêche pas de rester très exigeant. Dimanche, il aurait bien aimé voir un «WR» à l'arrivée du relais. «J'étais déçu de notre temps parce que nous voulons battre un record du monde à chaque fois. Mais ce n'est pas évident. Ce sera un bon défi pour la prochaine fois.» Pas de quoi remotiver Alain Bernard et sa bande, tout ça...
Sa technique: plus novatrice. Quand on a tout gagné, la difficulté est de se fixer de nouveau défis. Sur ce coup là, Michael Phelps n'a pas demandé conseil à Laure Manaudou. Il a décidé de tester une nouvelle technique de nage libre, bras tendus. A l'oeil, le résultat n'est pas flagrant. Lundi matin, en série du 200m, il fallait au moins un brevet de maître nageur pour déceler une évolution technique. Mais au final, voilà comment Phelps a réussi à briser sa petite routine et donner à ses entraînements un côté plus ludique. Enfin côté combinaison, l'Américain n'est pas du genre à faire des infidélités à Speedo, son sponsor de toujours. Se tenant à l'écart de la polémique du moment, il refuse toujours de porter la Jaked, la combinaison la plus efficace de la famille tout polyuréthane.



















