Gilbert Gress, acte trois, scène un
Il y a trente ans, il menait le Racing au titre de champion de France. Quinze ans après, il quittait le club après trois saisons sur le banc strasbourgeois et une montée en Ligue 1. Hier, Gilbert Gress est redevenu pour la troisième fois l'entraîneur...Floréal Hernandez
Il y a trente ans, il menait le Racing au titre de champion de France. Quinze ans après, il quittait le club après trois saisons sur le banc strasbourgeois et une montée en Ligue 1. Hier, Gilbert Gress est redevenu pour la troisième fois l'entraîneur du RCS. Dans le salon des présidents où se tient la conférence de presse trônent des photos du titre de 1979. Et trente ans plus tard, Gilbert Gress, 67 ans, n'a pas changé. La silhouette est la même, les lunettes aussi, seuls les cheveux ont blanchi.
Son discours n'a pas bougé d'un iota : « Si on veut réussir quelque chose, il faut de la discipline, de la rigueur. Regardez Barcelone, il y a deux ans, les grandes stars s'entraînaient une fois sur deux. Guardiola est venu, il n'a pas appris aux joueurs à jouer mais il a mis de la discipline et aujourd'hui, c'est la meilleure équipe au monde », explique l'ancien entraîneur de l'équipe de Suisse. Il s'appuiera sur un 4-3-3 semblable à celui du Barça avec un effectif réduit. « J'ai toujours privilégié la qualité à la quantité. » De la qualité, le Racing en perd avec l'officialisation du départ de Renaud Cohade pour Valenciennes.
« Le choix de Gilbert est indiscutable, affirme le président strasbourgeois Léonard Specht. C'est un homme de caractère, ambitieux, au discours clair et il a l'amour du Racing. C'est le seul à m'avoir parlé de remontée, de titres et de Coupe d'Europe. » « Schilles » n'évoque pas l'Europe devant la presse, mais confirme qu'il vise la Ligue 1 au bout d'une saison. D'ailleurs son contrat le stipule : un an plus une année supplémentaire en cas de montée en L1. « Ça ne sera pas facile », concède Gilbert Gress, qui rêve de trouver parmi les jeunes du club,, les futurs Specht, Gemmrich ou Wagner, tous Strasbourgeois et internationaux au début des années 1980 sous sa férule.
Si certains s'étonnent de le voir s'asseoir sur un banc de touche àson âge, Léonard Specht coupe : « J'ai rencontré d'autres entraîneurs et à côté de Gilbert, ils me paraissaient des ancêtres. La volonté, l'ambition, ce côté gagneur, ça n'a rien à voir avec l'âge. » Gilbert Gress réplique : « Mais moi, j'ai toujours 40 ans. En Angleterre, quel est l'entraîneur champion ? Ferguson, 67 ans. Il n'y a pas de vieux ou de jeunes coachs, il n'y a que des bons ou des mauvais. » W



















