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Au tournoi de Toulon, les recruteurs sont toujours aussi nombreux

Tournoi de Toulon : « On vient surtout voir les petites nations »... Toujours autant de recruteurs malgré, des espoirs de plus en plus chers

FOOTBALLAprès deux ans d’absence liée au Covid, le tournoi Maurice-Revello, anciennement tournoi de Toulon, attire toujours autant de recruteurs
Adrien Max

Adrien Max

L'essentiel

  • Le tournoi Maurice-Revello regroupant plusieurs sélections nationales des moins de 23 ans se déroule actuellement dans plusieurs communes des Bouches-du-Rhône.
  • Malgré deux ans d’absence liée au Covid, les recruteurs des plus grands clubs européens sont toujours présents.
  • Mais difficile d’y faire son marché, car certains joueurs ont déjà une valeur marchande élevée malgré leur jeune âge.

Un soleil de plomb sur le stade Jules-Ladoumègue de Vitrolles, dans les Bouches-du-Rhône. Des accents provençaux entremêlés de notes étrangères, et des dizaines de personnes en train de griffonner des petits calepins, pour certains aux couleurs de grands clubs européens. Aucun doute, le tournoi Maurice-Revello, anciennement tournoi de Toulon, est bien de retour après deux ans d’annulation due au Covid. Pour le plus grand plaisir des recruteurs, venus scruter les jeunes pépites de moins de 23 ans de plusieurs sélections comme la France, l’Argentine, l’Algérie, les Comores, le Panama, le Mexique, ou le Japon, entre autres.

« Au total on a eu 720 demandes d’accréditations, alors que d’habitude on était plus autour de 350. Ça doit s’expliquer par les deux ans d’absence, et la qualité du plateau. Tous les plus grands clubs ont fait une demande, même si tous ne viennent pas forcément. Mais j’ai déjà vu plusieurs recruteurs de l’OM, de Lyon, le Borussia Dortmund, Manchester City, United, West Ham, Newcastle », liste Amayes Brahmi, responsable de la communication du tournoi.

« On vient surtout voir les petites nations »

Comme ce recruteur d’un club du top five de Premier League basé en Ile de France. « On connaît déjà très bien le marché français, qui est bien maillé. On vient plutôt voir d’autres nations du football, les petites nations qu’on connaît beaucoup moins. Aujourd’hui les grands joueurs peuvent venir de partout, d’Uruguay, du Panama, il ne faut rien négliger », confie-t-il.

Faouzi Djedou, recruteur des Chamois Niortais, n’a pas loupé un match depuis le début du tournoi, dimanche. Il est satisfait du « bon niveau » global du tournoi, même si plusieurs nations comme le Brésil, l’Angleterre ou l’Allemagne n’ont pas répondu présentes. « Ce tournoi arrive en fin de saison, certains mecs ont déjà 30 ou 40 matchs dans les jambes donc ce n’est pas évident. Mais franchement après deux ans d’absence, redémarrer en trombe comme ça, c’est bien », estime-t-il.

Lui aussi connaît très bien le marché français, où il prospecte « jusqu’en National 3 et en U19 ». « Ça nous permet de voir d’autres joueurs, des joueurs d’équipes mineurs. Ou alors des joueurs de nations un peu plus majeures, mais qui ne jouent pas trop dans leurs clubs, ou n’ont carrément plus de club. On regarde surtout les joueurs des nations francophones comme les Comores ou l’Algérie. Ce sont des très bons joueurs, qui jouent dans des bons championnats et qui peuvent vite s’adapter », détaille le recruteur. Le numéro 9 Japonais Sota Kinato, 17 ans, et auteur du but victorieux contre l’Algérie qui a tapé dans l’œil de Faouzi, est déjà au-dessus de ses moyens.

Des joueurs déjà chers

Car il ne suffit pas de repérer ces jeunes joueurs, il faut aussi les convaincre. Avec un budget autour de 100.00 euros, impossible d’enroler les meilleurs joueurs pour les Chamois Niortais. « Les meilleurs ont déjà tous une valeur marchande trop élevée pour un club de L2. Certains sont déjà valorisés à 15-20 millions d’euros. Ce qu’on peut proposer aux autres, c’est du temps de jeu en Ligue 2 parce qu’on fait beaucoup jouer les jeunes » nous explique-t-il au moment où Alejandro Garnacho, joueur de Manchester United, déjà évalué à plusieurs millions d’euros, même s’il n’a que 17 ans, ouvre le score pour l’Argentine face au Panama.

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Une problématique que ne connaît pas le recruteur du top club de Premier League. « On ne fait pas beaucoup de recrutements, mais plutôt des recrutements bien ciblés. Tout va dépendre du profil du club pour cibler des joueurs. Dans notre cas, ils doivent déjà être prêts à s’adapter à nos types d’entraînements, de jeu », explique celui qui vient tous les ans au tournoi Maurice Revello.

Après deux ans de Covid, c’est aussi le moment et l’endroit pour retrouver de vieilles connaissances. Et à voir le nombre de serrage de paluches et de grandes tapes dans le dos, le réseautage semble au moins aussi important que les données récupérées sur les jeunes prospects. « On vient aussi voir les collègues, on reste connectés et c’est vraiment un endroit qui s’y prête », conclut le recruteur du club de Premier League, avant d’aller observer la large victoire 5 buts à 0 de l’équipe de France face à l’Arabie saoudite pour conclure cette journée.