Tennis : Paris et le circuit féminin retrouvent un autre pied-à-terre avec le Trophée Lagardère

TENNIS La toute première édition du Trophée Lagardère débute ce lundi, marquant le retour d’un tournoi de tennis féminin qui faisait défaut à Paris depuis 2014

Quentin Ballue
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L'un des courts du site, au milieu de la végétation du bois de Boulogne.
L'un des courts du site, au milieu de la végétation du bois de Boulogne. — Lagardère Paris Racing
  • La première édition du Trophée Lagardère se tient cette semaine, du 9 au 15 mai, dans le Bois de Boulogne.
  • Kristina Mladenovic et Diane Parry font partie des têtes d’affiche.
  • Le tournoi veut s’imposer comme une étape incontournable sur la route menant à Roland-Garros.

Promenons-nous dans le bois, pour un tournoi WTA. Huit ans après la dernière édition de l’Open GDF Suez, le monde du tennis retrouve un rendez-vous 100 % féminin dans la capitale, organisé par le Lagardère Paris Racing et catégorisé WTA 125. Avec comme têtes d’affiche, l’Estonienne Kaia Kanepi, la Polonaise Magda Linette, et évidemment des Françaises, notamment Kristina Mladenovic et Diane Parry. Le tout dans un cadre magnifique, la Croix Catelan, au cœur du Bois de Boulogne.

« Franchement, tout le monde est unanime. Un tournoi féminin à Paris, juste avant Roland-Garros, c’est compliqué de dire que ce n’est pas une bonne idée, s’enthousiasme la directrice de ce Trophée Lagardère, Stéphanie Cohen-Aloro. Je suis hypercontente, c’est vraiment canon ». Pour ne rien gâcher, la météo s’annonce favorable. Idéal pour profiter des joies de la terre battue et se préparer pour les Internationaux de France.

Un parfum de Roland

Le club du Lagardère Paris Racing, qui compte pas moins de 45 courts, s’affaire depuis des mois afin d’être en capacité d’accueillir certaines des meilleures joueuses de la planète. « Pour avoir vécu le circuit, c’est rare d’avoir des sites aussi beaux », confie Cohen-Aloro, vainqueur de la Fed Cup en 2003. Et les athlètes ont répondu à l’appel : « On a la chance d’avoir un plateau très dense, avec des filles entre la 54e et la 130e mondiale à peu près, se félicite Stéphanie Cohen-Aloro. 90 % d’entre elles jouent le tableau final de Roland-Garros, certaines iront à Strasbourg la semaine d’après, d’autres resteront s’entraîner à Paris. Il y a quelques déjà mois, beaucoup me disaient : "Evidemment, c’est noté dans mon agenda !" Le tournoi est idéalement placé. »

Idéal aussi en termes de calendrier. Le Trophée Lagardère se tient juste avant les qualifications des Internationaux de France, qui débutent lundi 16 mai. La Tchèque Linda Fruhvirtová, huitième de finaliste à Miami, où elle a battu Elise Mertens puis profité de l’abandon de Victoria Azarenka, contre qui elle menait 6-2, 3-0, sera de la partie. Tout comme, Chloé Paquet, Fiona Ferro et Esla Jacquemot, qui a remporté Roland-Garros chez les juniors en 2020, avec l’ambition de faire trembler le court Françoise-Dürr, gagnante de Roland-Garros en 1967.

« On a voulu profiter de cette belle fenêtre pour réunir un plateau de qualité, car elle offre aux joueuses des conditions de jeu similaires à Roland-Garros au niveau des balles et des terrains. Il y a un vrai sens », insiste Benjamin Boulanger, directeur général délégué du Racing. Il y a comme un parfum de Porte d’Auteuil, située à trois kilomètres à peine, ce qui donne forcément l’ambition de s’installer de manière pérenne comme un tremplin vers le deuxième Grand Chelem du calendrier. « On veut s’ancrer dans le calendrier international et, à terme, envisager toutes les perspectives inhérentes à ce type d’événements, peut-être en se posant la question des hommes », précise-t-il. La balle jaune, c’est bien. Mais voir plus loin, c’est mieux, et cela fait partie de la feuille de route.

De l’écologie, des ateliers et Parmentier

En marge du tournoi, seront ainsi organisés une conférence sur les abus d’autorité et le rôle des parents dans le sport, des ateliers sur l’écologie et le tennis santé, ainsi qu’une initiation au tennis fauteuil. « Ce tournoi s’intègre dans la vie d’un club, donc on a voulu adopter cette approche et entreprendre des démarches de sensibilisation », explique Benjamin Boulanger. Dans cette perspective, le Racing a notamment travaillé avec le docteur Bernard Montalvan, qui collabore avec la FFT depuis trois décennies.

L’organisation accueillera aussi tous les jours une centaine de jeunes de quartiers défavorisés, venant par exemple de la Courneuve ou de Tremblay. « Ils vont passer la journée chez nous, vivre une initiation au tennis et assister aux matchs. Leur faire passer une journée dans un endroit magique, leur donner l’opportunité de venir vers le tennis, c’est important pour nous. On a aussi travaillé avec Ali Oubaali à la mairie du 16e arrondissement pour mettre en place une démarche similaire avec des écoles. À travers le sport, il y a plein de belles choses à découvrir ».

Mais aussi à offrir, puisque le tournoi s’associe à la fondation Imagine pour récolter des fonds en faveur du traitement du cancer de l’enfant. « On a envie d’utiliser ce tournoi pour véhiculer des valeurs qui nous semblent importantes », insiste Stéphanie Cohen-Aloro. La directrice du tournoi pourra compter sur l’ancienne 40e mondiale Pauline Parmentier, la référence du tennis fauteuil Stéphane Houdet ou le double vainqueur de la Coupe Davis Cédric Pioline pour animer la semaine. « On n’a pas eu de mal à les convaincre, c’est la famille du tennis, sourit-elle. Ils vont nous aider à ce que cette première édition soit une belle réussite, on a tous envie que ça marche ».