Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
Branco van den Boomen, la machine à caviars qu’on a hâte de voir en Ligue 1

Ligue 2 : Branco van den Boomen, la machine à caviars qu’on a hâte de voir dans l’élite

FOOTBALLLe milieu néerlandais du Téfécé a été époustoufant cette saison, distribuant les passes décisives aussi bien dans le jeu que sur coups de pied arrêtés
Nicolas Camus

Nicolas Camus

L'essentiel

  • Toulouse a validé lundi soir sa montée en Ligue 1 après sa victoire contre Niort (2-0).
  • Branco van den Boomen s'est une nouvelle fois montré décisif en offrant à Onaiwu le but du break dans le dernier quart d'heure.
  • Le milieu offensif néerlandais, auteur de 12 buts et 20 (!) passes décisives cette saison, a été l'homme fort de la saison du Téfécé.

Le débat sur l’identité du meilleur joueur de Ligue 2 va être vite plié cette saison. Branco van den Boomen, le Beckham des bords de la Garonne – ou Juninho, c’est selon –, a véritablement marché sur le championnat avec son pied droit téléguidé. Lundi soir encore, lors du match de la montée face à Niort, le milieu de Toulouse a cuisiné un petit caviar enroulé sans contrôle depuis la ligne de touche pour offrir à Ado Onaiwu le but du break dans le dernier quart d’heure. Du grand art.

« Franchement, j’ai envié Onaiwu, raconte en souriant l’ex-attaquant Robert Malm, qui commentait le match pour le diffuseur beIN Sports. Recevoir ce genre de ballon, c’est un plaisir, rien que de l’amour. Il n’a même pas besoin de chercher la puissance, le ballon est fort, dans la bonne zone, il n’a juste qu’à mettre sa tête en opposition du ballon. La trajectoire est parfaite, une vraie galette. »

« Il les met où il veut »

Des comme ça, le Néerlandais en a livré un bon paquet cette saison. Auteur de 20 passes décisives (record de la L2 égalé alors qu’il reste trois matchs à disputer), il a régalé ses attaquants, notamment l’Anglais Rhys Healy, meilleur scoreur du championnat (20 buts). Mais pas que. Ses défenseurs ont également profité de sa précision de sniper sur coups de pied arrêtés.

« Il les met où il veut. Il a un pied droit vraiment magnifique », disait il y a quelques semaines le central Anthony Rouault, qui lui doit trois de ses quatre buts de la saison. Lui-même auteur de 12 réalisations, dont quelques coups francs à vous lever de votre siège (celui contre Dunkerque… miam miam), van den Boomen, déniché en 2020 en D2 néerlandaise grâce à des indicateurs de performance rentrés dans un algorithme, est bien l’arme offensive numéro 1 de ce Téfécé qui fonce vers le titre.

Mais d’où lui vient cette science de la passe ? Déjà, il a terminé sa formation à l’Ajax Amsterdam (de 16 à 18 ans), ce qui constitue toujours une bonne base quand on cause football. Mais en fait, il avait identifié ce champ d’expression avant, conscient de ses qualités et ses défauts. « Je n’ai jamais été rapide, donc j’ai été obligé d’apprendre à penser rapidement, expliquait-il dans une grande interview accordée à So Foot le mois dernier. Si je veux être performant sur le terrain, je n’ai pas d’autres choix. »

L’accès à ce contenu a été bloqué afin de respecter votre choix de consentement

En cliquant sur« J’accepte », vous acceptez le dépôt de cookies par des services externes et aurez ainsi accès aux contenus de nos partenaires.

Plus d’informations sur la pagePolitique de gestion des cookies

Dans cet entretien fort instructif, le milieu de terrain décrit notamment ce qui caractérise selon la passe parfaite : « celle qui brise l’équilibre défensif adverse. La meilleure passe, c’est celle qui fait que l’adversaire ne peut plus défendre. » Simple, dit comme ça. Mais terriblement compliqué à réaliser. Car il faut déjà la voir, cette passe qui cassera les lignes, et ensuite être capable de la faire correctement. Une double compétence qui concerne finalement peu d’élus.

« Il y a des joueurs qui sont au-dessus du lot, c’est comme ça. On ne peut pas s’improviser passeur », estime Robert Malm. Pour l’ancien Lorientais et Toulousain, qui l’a bien observé ces deux dernières années, Van den Boomen fait partie du gratin :

« « Il voit avant de recevoir. Ensuite, ce qu’il fait est propre techniquement, et surtout c’est simple. C’est là son art, et c’est ce qu’il faut faire comprendre aux plus jeunes. La technique, ce n’est pas faire des roulettes et des tours du monde. C’est un bon contrôle, orienté, c'est maîtriser le ballon et le donner dans le bon tempo pour que son partenaire soit dans la meilleure situation possible. » »

Une déclinaison assumée de ce que disait le grand penseur Johan Cruyff. Malm cite Platini chez les anciens, Verratti ou Pogba chez les joueurs actuels. « Ces joueurs-là excellent dans tout ce qu’il y a de plus simple à faire, reprend-il. C’est le plus dur ! » Le Parisien et le Mancunien sont d’ailleurs de bons exemples en la matière. Passeurs hors pair, ils se font régulièrement reprendre par le col pour avoir joué en trois touches de balle quand une seule suffisait. Ces deux-là ne sont jamais aussi bons que quand ils gomment le superflu.

Branco van den Boomen n’évolue pas encore à ces hauteurs, mais il va pouvoir se situer dans un environnement autrement plus concurrentiel, la saison prochaine en Ligue 1. « On a hâte de le voir, projette le consultant beIN Sports. Ses performances seront aussi liées aux joueurs avec qui il évoluera. Un passeur dépend toujours du mouvement autour de lui. » On imagine que toutes les données adéquates sont déjà remplies dans l’algorithme miracle des recruteurs toulousains.