PSG-Bordeaux : Comment le pompier Gérard Lopez tente d'éteindre l'incendie aux Girondins ?
FOOTBALL•Alors que les Girondins sont plus que jamais bons derniers de Ligue 1 avant leur déplacement à Paris ce dimanche (13h), leur président Gérard Lopez a fait la tournée des popotes pour rassurer tout le monde sur l’avenir à moyen terme du clubClément Carpentier
L'essentiel
- Lanterne rouge de la Ligue 1, les Girondins de Bordeaux affrontent le PSG au Parc des Princes ce dimanche (13h).
- Gérard Lopez a tenté cette semaine de rassurer son monde alors que les rumeurs sur l’avenir du club en cas de relégation vont bon train.
- Au programme, une petite tournée médiatique et quelques rendez-vous importants avec les supporteurs et la mairie.
C’est un costume qu’il connaît (malheureusement) bien cette saison mais qui lui sied à merveille. Gérard Lopez, propriétaire et président des Girondins de Bordeaux, a repris l’espace de quelques jours sa casquette de pompier de service pour tenter d’éteindre l’important incendie en cours dans son club. Et cette fois-ci, il a dû y aller avec la grande échelle et sa lance, pas seulement avec quelques seaux d’eau comme cet automne. Les flammes sont aujourd’hui bien plus virulentes depuis la défaite face à Troyes (0-2), le week-end dernier. Avant de se déplacer ce dimanche (13h) à Paris, les Marine et Blanc sont en effet plus que jamais bons derniers de cette Ligue 1 à seulement 11 journées de la fin de la saison.
Alors quand le vent attise particulièrement le feu cette saison, le sapeur-pompier Lopez débarque en urgence. C’est au moins une chose qu’on ne pourra jamais reprocher à l’homme d’affaires hispano-luxembourgeois, il assume (lui) ses responsabilités. Il n’y a encore pas si longtemps, d’autres se cachaient sous leur bureau en plein incendie au château du Haillan. Un certain FL pour les connaisseurs. Souvent absent ces dernières semaines malgré la situation sportive du club, Gérard Lopez est arrivé dès mercredi sur les bords de la Garonne pour reprendre les choses en main avec deux objectifs : remobiliser les troupes et surtout rassurer tout le monde sur l’avenir du club notamment en cas de rétrogradation en fin de saison.
Communiquer et rassurer coûte que coûte…
Premier jalon de cette opération : communiquer. L’ancien président du Losc excelle dans le domaine. De nature très zen et positif à souhait, il n’a pas peur des micros. Dès dimanche dernier, l’un de ses proches donnait le ton : « On va assumer dans cette période difficile ». Ce jeudi, le boss a donc fait une petite tournée médiatique, Sud Ouest et France Bleu lui ont ouvert leurs portes. Et au cas où les journalistes ne fassent pas assez leur travail, ne soient pas assez piquants et parce que jouer la carte de la proximité est toujours bien appréciée, il a répondu directement aux lecteurs et auditeurs pendant de longues minutes. Lors de ces entretiens, Gérard Lopez a répété à chaque fois la même chose. Sportivement, il est persuadé que les Girondins ne descendront pas (en espérant que ses joueurs le sont aussi). Et financièrement ? « Si Bordeaux va en L2, je ne partirai pas », a-t-il tonné.
A titre personnel, Gérard Lopez confirme donc sa volonté de ne pas quitter le navire même en pleine tempête. Mais aujourd’hui la question n’est pas vraiment là, elle est surtout de savoir si le club pourra repartir en L2 ou bien de beaucoup plus bas en cas de relégation. Jusqu’à maintenant, il y avait deux scénarios sur la table : le maintien en L1 ou le dépôt de bilan. Thomas Jacquemier, le directeur général du club, l’avait même publiquement évoqué en janvier dernier. Aujourd’hui, si la direction a enfin pris conscience d’une possible rétrogradation depuis la défaite face à Troyes, elle n’a pas du tout encore « budgétisé » cette hypothèse comme l’affirme le patron des Girondins. Mais attention, ça ne saurait tarder… « Il va bien falloir voir s’il existe une petite chance de sauver le club pour aller en Ligue 2 », glisse un proche du dirigeant bordelais. Pendant ce temps-là, Gérard Lopez prépare le terrain en ajoutant que cela passerait par « une énorme coupe dans les coûts de fonctionnement » avec une « réduction très significative du nombre de salariés, sur les joueurs à gros contrats – pas ceux qu’on a fait venir ».
Ultramarines et mairie ont eu leur rendez-vous
Ce discours rassurant (ou pas), l’Hispano-Luxembourgeois l’a également répété à deux autres hommes importants de l’univers des Girondins : Florian Brunet et Pierre Hurmic. Le premier, porte-parole des Ultramarines (le plus grand groupe de supporteurs bordelais), a rencontré Gérard Lopez jeudi. Dans cette période, il est en effet capital pour l’homme d’affaires que le Virage Sud reste à ses côtés même si les UB87 veulent reprendre un peu leur « indépendance » sur cette fin de saison dixit l’un de leurs membres. Gérard Lopez s’est voulu rassurant lors de ce rendez-vous, évoquant l’arrivée possible de nouveaux investisseurs, et pour l’instant les Ultramarines ne le lâcheront pas.
En revanche, l’attitude de ces derniers risque de changer vis-à-vis des joueurs : « La limite a été franchie pour beaucoup de supporteurs qui étaient persuadés que l’équipe allait battre Troyes. Donc, peu importe les consignes (des leaders), le virage va être beaucoup plus vindicatif », espère un supporteur du VS. Ce changement de ton a été entériné lors d’une réunion des Ultramarines en début de semaine et les joueurs ont eu le droit à une petite visite de certaines membres samedi midi avant le départ pour Paris. « Cela s’est bien passé, le discours a été positif. Les supporteurs attendent surtout des actes maintenant », glisse un témoin de l’échange à 20 Minutes alors que Florian Brunet a précisé que le capitaine de l’équipe, Josuha Guilavogui, « a longuement pris la parole » lors de cette rencontre.
Pierre Hurmic, le maire de Bordeaux, a lui enfin pu s’entretenir avec le président des Girondins. Ce rendez-vous, il le réclamait depuis quelques semaines. L’écologiste a donc échangé vendredi matin avec Gérard Lopez : « Il a renouvelé son soutien au club au nom de la ville, affirme l’un des proches de l’élu. Ce n’est pas le moment de souffler sur les braises. Aujourd’hui, la priorité des priorités, c’est le terrain. Pour le reste, on verra plus tard. Il y a un temps pour tout. » A une certaine époque pas si lointaine et surtout pas si différente de l’actuelle sur de nombreux points, Pierre Hurmic s’était montré bien plus offensif envers les Girondins et ses dirigeants. Il faut croire que Gérard Lopez sait convaincre son monde. Pas une surprise mais une confirmation. Et pour le moment, l’incendie semble à peu près circonscrit…


















