RC Strasbourg - Montpellier HSC : Gameiro-Sakho, qui a le mieux réussi son retour en France ?

LIGUE 1 L'attaquant du RC Strasbourg et le défenseur du Montpellier HSC se retrouvent face à face dimanche à la Meinau (15 h)

Jérôme Diesnis et Thibaut Gagnepain
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Mamadou Sakho (à gauche) et Kévin Gamerio vont se retrouver dimanche à la Meinau.
Mamadou Sakho (à gauche) et Kévin Gamerio vont se retrouver dimanche à la Meinau. — Sylvain THOMAS / AFP
  • Cet été, deux internationaux français sont revenus en Ligue 1 : Kévin Gameiro et Mamadou Sakho.
  • L’attaquant du RC Strasbourg et le défenseur du Montpellier HSC s’affrontent ce dimanche à la Meinau.
  • Qui a le mieux réussi son come-back en Ligue 1 ? 20 Minutes distribue les notes !

Huit ans d’absence. Après un si long séjour à l’étranger, Kévin Gameiro et Mamadou Sakho ont retrouvé la  Ligue 1 l’été dernier. Pendant que l’attaquant renouait avec son ex du  RC Strasbourg, le défenseur tentait l’expérience Montpellier. Avant leurs retrouvailles dimanche à la Meinau, qui a jusque-là réussi le mieux son retour en France ? 20 Minutes distribue les bonnes (et les mauvaises) notes !

L’apport sur le terrain

Quatre petites réalisations et une passe décisive en 19 apparitions, le bilan statistique de l'Alsacien est maigrelet. Surtout au vu du passé du serial buteur et au sein de la deuxième meilleure attaque de Ligue 1 (36 pions)… Kévin Gameiro aurait-il perdu son habileté dans le dernier geste ?

« Certes tout le monde aimerait qu’il soit plus efficace mais il fait un boulot monstre devant. Ses appels, ses courses ou ses remises sont très intéressants », le défend l’ancien milieu du Racing Jérémy Grimm. « Il ne faut pas regarder uniquement ses stats », appuie le président de la Fédération de supporters du RCS, Philippe Wolff. « Déjà, son retour au club est un superbe symbole et il apporte beaucoup à ses partenaires. SI Ajorque marque autant, on peut penser qu’il n’y ait pas pour rien. »

« Il doit s’acclimater à un nouveau style de jeu, qui est différent de celui de l’Espagne. En France, on laisse moins d’espace aux attaquants qu’en Espagne », prolonge Ugo, un fidèle fan du club à la cigogne. Lui se montre quand même plus dur avec « KG ». « J’aime moyennement son style nonchalant. Des fois, on a l’impression qu’il est venu faire bronzette à Strasbourg avant la retraite… » De quoi mériter juste une note en dessous de la moyenne, 4,5/10.

Pour Mamadou Sakho, la tâche n’était pas aisée. Après sept mois d’inactivité (son dernier match remontait au 8 janvier 2021 avec Crystal Palace), il devait succéder à deux monuments de Montpellier : Vitorino Hilton (retraite) et Daniel Congré (Dijon), y avaient passé une décennie, cumulant plus de 1.000 matchs en L1 à eux d’eux.

Sa première apparition à Reims fut hésitante : « On a pris tous les deux un risque, peut-être qu’il n’était pas tout à fait prêt, reconnaissait son coach. Mais je sais qu’il va nous amener ». Une blessure en septembre a inquiété sur sa condition physique. Mais depuis, les doutes ont été balayés. Il est bien le patron que cherchait le club héraultais. Réputé pour son jeu offensif, le MHSC encaissait beaucoup trop de buts. Il est pour beaucoup dans son spectaculaire redressement défensif.

« Je ne suis pas là pour rigoler. Le plus important, c’est l’état d’esprit, je sais que je suis connu pour ça », explique l’ancien Parisien. « Il est arrivé en retard à cause du Covid-19, on l’a bien préparé pour qu’il soit près, et il monte en puissance », souligne le président Laurent Nicollin. Patron de la défense, rarement mis à l’amende par les attaquants, Sakho est resté le même guerrier. Mais il est bien plus que ça. « Il nous parle beaucoup, de par son expérience, son calme et ses capacités, détaille Ferri. Il parle énorme à toute la défense et j’essaie de relayer son message à toute l’équipe. » Un patron irréprochable sur le terrain, qui mérite un beau 8/10.

L’apport dans le vestiaire

C’est une scène qui dit beaucoup de la relation entre Kévin Gameiro et ses partenaires. Elle remonte au 1er décembre, soir de match (et de fessée 5-2) face à Bordeaux. Juste avant la pause, le Racing obtient un penalty. Qui pour le tirer ? La logique vaudrait Ajorque mais ce dernier préfère le laisser… à « KG » qui en avait raté un dix jours plus tôt contre Reims. Cette fois, il le transforme avant d’être enlacé par ses coéquipiers.

« Quand on voit que tous les joueurs sont venus lui faire une bise ou lui taper dans le dos, ça prouve sa bonne intégration et son bon état d’esprit », apprécie Philippe Wolff en reconnaissant ne pas tout connaître de la vie du vestiaire. Encore intime de certains éléments et régulièrement aux entraînements, Jérémy Grimm confirme l’impression générale : l’ancien Sévillan est apprécié au club. « C’est quelqu’un de simple, humble et bosseur. Je n’ai eu que des retours positifs sur lui », indique l’actuel milieu des SR Colmar (N3). « Il ne triche pas et se donne à fond ». Rien que pour ça, c’est 9/10 !

Mamadou Sakho, « c’est un homme de parole. Il aurait pu aller dans un club qui lui proposait dix fois plus d’argent, mais il nous avait donné son accord et il n’est pas revenu dessus ». Laurent Nicollin n’est pas le seul à avoir un grand respect pour le personnage. « Il est toujours dans la discussion, dans l’échange, c’est quelqu’un qui fait avancer le groupe », évoque Nicolas Cozza. « J’espère qu’il fera partie de ces leaders qui pourront encadrer nos jeunes et les faire progresser », expliquait le président Nicollin à son arrivée. Cozza, mais Mihailo Ristic ou le jeune Maxime Estève ont pris énormément d’épaisseur à ses côtés. « Il me fait penser à Vito [Hilton], on lui associe des joueurs à côté et lui, il va les bonifier, les rassurer », évoque le coach adjoint Pascal Baills.

« De l’avoir tous les jours dans le vestiaire, pour moi, c’est énorme. Je bois ses paroles, évoque Estève, baba de Mamad. Je lui pose le maximum de questions possibles, mais j’essaie de ne pas être trop chiant ! Mais quand on voit le charisme qu’il a dans le vestiaire, on a envie d’aller lui parler. » Le bonhomme fait l’unanimité. Et pas qu’à Montpellier. Lors du match à PSG, malgré son absence, les Ultras parisiens ont réalisé une banderole en son honneur. Un geste rare. « Au début, je n’osais pas trop. Je ne sais pas si je l’ai vouvoyé ou pas, reprend Estève. Mais il m’a tout de suite mis à l’aise ». La magie fonctionne. Sakho, dans le vestiaire, est un cadre et un grand frère. Note : 9,5/10

Quelle fin de saison peuvent-ils espérer ?

Ce dimanche, Kévin Gameiro sera à coup sûr titulaire. Ses deux habituels concurrents (pour les deux places de devant) sont absents. Habib Diallo est à la Coupe d'Afrique des Nations et Ludovic Ajorque suspendu. Sans ces deux forfaits, le natif de Senlis, 34 ans, n’avait aucune garantie.

Son entraîneur, Julien Stéphan, l’a déjà laissé sur le banc cette saison. Sans que l’intéressé ne s’en plaigne ostensiblement. « Je n’ai pas peur pour lui. Dans les semaines à venir, il va de nouveau marquer », assure Jérémy Grimm. Un avis partagé par le président de la Fédération de supporters du RCS.

« Il se crée déjà pas mal d’occasions, comme à Metz encore le week-end dernier où ça se joue à rien. Au bout d’un moment, ça va finir par marcher. Il n’y a aucune raison d’être inquiet », veut croire Philippe Wolff. « S’il met un but contre Montpellier, ça peut vraiment le lancer cette saison. » Et l’emmener jusqu’à la barre des dix réalisations en Ligue 1. C’est loin d’être impossible dans cette équipe joueuse. On y croit : 7,5/10.

Dimanche, comme à chaque match, Sakho sera placé au cœur du dispositif défensif d’Olivier Dall’Oglio. ll est (avec Téji Savanier et Jordan Ferri), le premier nom couché sur la feuille par le coach lorsqu’il songe à sa compo. Le MHSC a terminé la phase aller à la cinquième place avec un bloc-équipe très équilibré et des individualités qui peuvent lui permettre de rester sur cette dynamique. « Il est bien mieux physiquement. Il est pour quelque chose dans nos résultats, notamment défensivement, reprend Pascal Baills. Il aime défendre, il aime être dans les duels et il relance proprement. C’est un joueur important de Montpellier ».

« Mamadou montre que c’est un grand joueur, un international, reprend Laurent Nicollin. A partir de là, c’est rassurant pour moi d’avoir un tel joueur. Rassurant pour le staff et les joueurs de pouvoir le côtoyer. » Il n’y a pas un nuage à l’horizon dans la lune de miel entre le MHSC. A ceux qui en doutaient, Sakho n’est pas en préretraite. A Montpellier, où il a dû concevoir à de gros efforts salariaux (son salaire a été divisé par cinq par rapport à ses émoluments en Angleterre, selon L’Equipe), l’ambition est intacte. L’homme aux 29 sélections n’a toujours pas abandonné son rêve bleu. « Si ce n’était pas dans un coin de ma tête, j’aurais arrêté ma carrière cet été. Ça reste un objectif, et c’est ce qui m’aide à travailler. C’est ce qui me donne l’envie de bosser et donner le meilleur. » Un challenge compliqué. Mais parfait pour l’aider à conserver son niveau actuel. Note : 8/10

Le bilan des revenants

Avec un total de 25,5/30, Mamadou Sakho remporte ce match des expatriés de retour en Ligue 1. Kévin Gameiro n’est pas loin, avec 21/30. Maintenant, place au jeu ! Dimanche, les deux se retrouveront face à face sur la pelouse de la Meinau. A l’aller dans l’Hérault (1-1), le Strasbourgeois avait marqué…