Les Girondins se méfient du Lyon blessé

Rémi Bostsarron

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Ils ne pouvaient pas manquer ça. Hôtes des Lyonnais dans trois jours, les Girondins étaient devant leur télévision, dimanche dernier, pour assister au match nul des champions en titre contre Monaco (2-2). Et comme la majorité des observateurs, ils ne les ont pas trouvés très bons, à l'image de Benoît Trémoulinas, qui a noté qu'ils « avaient du mal à produire du jeu ». Ils se gardent pourtant bien de considérer cette piètre performance comme un signe encourageant, bien au contraire.

« Dans ce genre de situation, les grands joueurs réagissent, affirme David Bellion. Contre Monaco, ils n'ont pas gagné, mais ils n'ont pas perdu non plus. Ils ont su revenir deux fois au score. C'est la preuve qu'ils ont de l'orgueil. » « Je m'attends à une réaction de leur part, confirme Mathieu Chalmé. Monaco, c'était peut-être un jour sans pour eux, mais ils ne loupent jamais deux matchs d'affilée. Ils savent qu'ils n'ont plus le choix : s'ils veulent conserver leur titre de champion de France, ils doivent remporter toutes leurs rencontres. Ils vont venir avec beaucoup d'ambition. »

Certes, pour la première fois depuis de nombreuses saisons l'ogre lyonnais semble enclin à enchaîner les contre-performances comme lors du mois de mars où les Gones ont concédé, toutes compétitions confondues, quatre défaites consécutives. Mais les Bordelais semblent encore nourrir vis-à-vis du septuple champion de France un certain sentiment d'infériorité. « Cela reste une équipe qui fait peur. Je ne permettrai pas de dire que si on joue à notre niveau, on est meilleur, lâche Bellion. Il faut se rendre compte d'une chose : c'est seulement la première fois depuis août qu'ils ne sont pas leaders. Sur les dix dernières années, c'est la plus grande équipe du championnat. En plus, ce sont toujours eux qui vont le plus loin en Ligue des champions. Alors évidemment, on les respecte. » Forts de leurs performances passées, les Lyonnais peuvent aussi compter sur la réputation de leurs joueurs pour attiser la crainte de leurs rivaux.

Marqués notamment par sa brillante prestation du match aller (2-1), les Bordelais reconnaissent volontiers qu'ils sont impressionnés par Karim Benzema. « Il reste leur atout numéro 1 », souligne Mathieu Chalmé. « On dit qu'il est moins bien en ce moment, mais à tout moment, il peut accélérer et mettre un but », glisse Trémoulinas. « C'est un joueur très élégant, qui rend le football facile », ajoute Bellion, qui se méfie aussi de « Juninho, Cris, Lloris, et même Piquionne, qui a marqué un beau but contre Monaco ». Des noms ronflants qui poussent l'ancien Niçois à la prudence : « Face à une telle équipe, tu n'as pas le droit à l'erreur. » ■