Lebrun veut passer la sixième

JUDO A 32 ans, la Française vise un sixième titre de championne d'Europe dans deux semaines...

Romain Scotto

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La judoka française Céline Lebrun, lors de sa victoire au tournoi de Paris, le 8 février 2009 à Bercy.
La judoka française Céline Lebrun, lors de sa victoire au tournoi de Paris, le 8 février 2009 à Bercy. — C.Platiau/REUTERS

Ceux qui l’ont vu combattre au tournoi de Paris il y a un mois savent qu’elle possède un chiffre fétiche. Les deux mains au-dessus de la tête, Céline Lebrun vient à peine de faire valser la Néerlandais Verkerk en finale qu’elle lève instinctivement six doigts pour signifier son exploit. A 32 ans, elle commence forcément à s’habituer aux victoires de prestige. «Mais j’aimerais bien refaire ce geste la semaine prochaine», glisse celle qui visera un sixième titre de championne d’Europe, dans deux semaines en Géorgie.

Il y a encore quelques mois, sa sélection pour une compétition internationale semblait pourtant illusoire. Blessée au genou en 2007, puis laissée sur la touche pour les championnats d’Europe, l’année suivante, au profit de Stéphanie Possamaï, elle avait dû se contenter d’un statut de remplaçante aux Jeux de Pékin. Un affront qu’elle vit à l’époque comme une injustice aussi douloureuse que sa finale perdue, en 2000, sur le tatami de Sydney.

«Une vraie concurrence»

«Voilà, c’est dur, mais c’est passé. Maintenant, j’ai repris ma place. Je ne le vis pas comme une revanche, mais juste l’aboutissement de mon travail. J’en ai encore sous le pied. Je suis là, je travaille et j’apprends encore tous les jours. Avec les jeunes qui sont à l’entraînement, j’ai l’impression de découvrir de nouvelles choses.» Une façon aussi de refuser cette étiquette de «grande sœur» qu’elle attribue pour l’instant à Fred Jossinet, la doyenne des sélectionnées.

A l’entraînement, Céline Lebrun assure prendre autant de plaisir qu’à ses débuts, malgré la concurrence qui règne dans sa catégorie. Encore sacrée championne de France en début d’année, «elle a gagné sa place sur le tatami», justifie Brigitte Deydier, la DTN qui voit d’un bon œil cette émulation chez les moins de 78 kg. «Pour elle comme pour Stéphanie ou les autres, c’est une remise en question permanente. Il y a une vraie concurrence et tant mieux. C’est ce qui nous ramène des podiums. Là, on laisse quand même sur la touche une médaillée de bronze olympique…»

Les Mondiaux en tête

A Tbilissi, la revenante a donc bien conscience de jouer sa place de titulaire. D’autant que dans moins de cinq mois s’ouvrent les Mondiaux de Rotterdam. Une échéance que la judoka de Levallois n’entend pas suivre à distance. «C’est un autre objectif mais j’y tiens parce que quand j’ai été championne du monde (en 2001), c'était en toutes catégories. Pour moi, c'est plus marquant et tout aussi difficile d'être sacrée dans ma catégorie.» En cas de victoire, elle n’aurait pourtant que deux doigts à lever cette fois.