Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
Pour lui, l'heure de la rédemption approche

Pour lui, l'heure de la rédemption approche

Son large sourire en dit plus que tous les mots qu'il voudrait utiliser. Jeudi dernier, Youssef Sofiane est assis dans une salle de sport du Touquet. L'attaquant lillois est rincé après une nouvelle séance d'entraînement avec les pros du Losc. Rincé,...
Antoine Maes

Antoine Maes

Son large sourire en dit plus que tous les mots qu'il voudrait utiliser. Jeudi dernier, Youssef Sofiane est assis dans une salle de sport du Touquet. L'attaquant lillois est rincé après une nouvelle séance d'entraînement avec les pros du Losc. Rincé, mais heureux de faire son métier à un niveau duquel il n'aurait jamais dû s'éloigner. « Je reviens de loin », souffle-t-il. A sa place, faire partie du groupe professionnel depuis le début de l'année, c'est déjà une victoire. Contre Grenoble (2-1), on a d'ailleurs cru au come-back. « J'aurais aimé qu'il puisse entrer. Mais je l'avais prévenu que s'il y avait un but, ce ne serait pas pour tout de suite. Toutefois, il se comporte bien, il est positif, il se donne à fond », souligne Rudi Garcia.

Le destin de Youssef Sofiane, c'est celui des jeunes prodiges qui se gâchent en un choix hasardeux. « A 17 ans, je signe à West Ham. J'ai été mal conseillé. Je me retrouve à Londres, tout seul, avec de l'argent, les femmes... On pète les plombs. » C'est le début de la fin. Il arrive en prêt au Losc en janvier 2004, en même temps qu'Acimovic et Tavlaridis, mais ne s'impose pas. On l'envoie donc tremper ses crampons en D3 anglaise, dans l'élite hollandaise, en division régionale allemande, puis en Belgique. Il finit par échouer à Lesquin, alors en CFA, la saison dernière. « Dans ces moments-là, faut être costaud. On pense à la famille : le premier truc qui arrive, on le prend », réplique Sofiane. Ce « truc »-là sera sa chance. Parce qu'il croise Pascal Planque, coach de la réserve lilloise, qui était son entraîneur à l'AJA. « Il m'a dit que ce n'était pas normal de me retrouver à ce niveau-là. J'ai donc rejoint le Losc, en CFA, pour me retaper, sans me mettre dans la tête que j'allais retrouver les pros. » Entre les blessures et les méformes des attaquants de pointe, lui plante six buts avec la réserve. Squatte le banc des « grands ». Et se remet à rêver. « Du temps, j'en ai perdu, des claques dans la gueule, j'en ai pris. Mais j'ai 24 ans, pas 30 », lance Sofiane, comme une promesse que cette fois, il veut tenir. ■