Ligue 1 : Un manque à gagner de 150 millions d’euros pour OL Groupe, une « première » depuis cinq ans

PERTES Le déficit d’OL Groupe sur l’exercice 2020-2021 est trois plus important que celui enregistré la saison d’avant

C.G. avec AFP
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Jean-Michel Aulas lors de la présentation de Jérôme Boateng, en août 2020.
Jean-Michel Aulas lors de la présentation de Jérôme Boateng, en août 2020. — Mourad ALLILI/SIPA
  • Sur l’exercice 2020-2021, OL Groupe a enregistré un manque à gagner de 150 millions d'euros, une « première » depuis 2016. Un déficit presque triplé par rapport à l’année précédente.
  • Les matchs à huis clos et l’absence de concerts au Groupama Stadium ont plombé les recettes de la billetterie en recul de 94 %.
  • Le manque à gagner inclut également la défaillance de Mediapro (droits TV de la Ligue 1) à l’automne 2020 et la non-participation de l’OL à la Ligue des champions.

Un manque à gagner de 150 millions d’euros entraînant une perte historique : la facture de la pandémie est lourde pour OL Groupe, la holding cotée en Bourse coiffant l'Olympique lyonnais, qui doit décaler ses objectifs de croissance à cause du Covid-19.

Avec des recettes en baisse de 35 % à 177,4 millions d’euros, l’entreprise présidée par Jean-Michel Aulas accuse une perte nette de 107 millions d’euros sur l’exercice 2020-2021 achevé en juin, selon les résultats publiés ce mardi. Un déficit presque triplé par rapport à celui du précédent exercice, déjà affecté par la crise sanitaire.

Les recettes de la billetterie en baisse de 94 %

Surtout, le résultat brut d’exploitation (EBITDA) est négatif, à 33,9 millions d’euros, « fortement impacté » par les effets de la pandémie : les matchs à huis clos de la saison dernière et l’absence d’activités événementielles (concerts, séminaires, etc.) ont plombé la billetterie (-94 % sur un an), selon OL Groupe.

Cette perte d’exploitation est « une première » depuis qu’OL Groupe dispose de l’enceinte sportive et événementielle du formidable outil qui a diversifié et dopé les revenus depuis 2016, a relevé Thierry Sauvage, directeur général, lors d’une conférence de presse mardi.

« On a eu une très belle dynamique avant le Covid, on était vraiment partis pour battre tous les records avant l’épidémie », a souligné le dirigeant. Le groupe avait relevé ses prévisions de croissance en février 2020, un mois avant le premier confinement en France.

La non-qualification pour la Ligue des champions pointée du doigt

Le manque à gagner lié aux effets « directs et indirects » de la pandémie inclut la défaillance de Mediapro (droits TV de la Ligue 1) à l’automne 2020 et la non-participation de l’OL à la lucrative Ligue des champions la saison dernière. Le club ne s’était pas qualifié au terme du championnat 2019-2020, interrompu prématurément par le confinement.

OL Groupe croit en la « résilience » de son modèle économique et, « avec le retour du public », en ses chances de « repartir tel qu’on l’avait imaginé avant le Covid », a affirmé Thierry Sauvage. « Ce qui semble bien parti pour le moment, tant sur le plan de la billetterie, des abonnements, des séminaires qui ont repris, des partenariats », a ajouté le dirigeant. Sans dire, toutefois, si les résultats reviendront dans le vert sur l’exercice en cours.

Le rétablissement financier passe notamment par une qualification pour la Ligue des champions en fin de saison. L’OL est actuellement 9e de la Ligue 1, à trois points du podium, et en tête de son groupe en Ligue Europa.