Etats-Unis : Accusé de rapports sexuels forcés, un entraîneur de D1 féminine licencié

FOOTBALL Viré par le North Carolina Courage, l’Anglais Paul Riley est ciblé par d’anciennes joueuses

20 Minutes avec AFP
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Paul Riley, l'entraîneur visé par des accusations d'agressions sexuelles.
Paul Riley, l'entraîneur visé par des accusations d'agressions sexuelles. — Karl B DeBlaker / AP / Sipa

Viré par son club et suspendu dans la foulée par la Fédération américaine de football… Paul Riley a été licencié par le North Carolina Courage, club de ligue féminine nord-américaine de football (NWSL). L’entraîneur anglais de 58 ans fait face à des allégations d' agressions sexuelles, impliquant notamment des rapports forcés, venant d’anciennes joueuses professionnelles.

« Paul Riley est licencié avec effet immédiat à la suite des très graves allégations de mauvaise conduite. Le Courage soutient les joueuses qui se sont manifestées et nous les félicitons d’avoir courageusement partagé leurs histoires », a indiqué le club dans un communiqué.

« Rapports sexuels forcés »

Tout est parti d’un article, publié par le site The Athletic, dans lequel deux joueuses, Sinead Farrelly et Meleana « Mana » Shim, témoignent avoir dû faire face à plusieurs reprises, depuis 2010, au présumé comportement inapproprié de Riley. Farrelly, qui joua sous ses ordres dans trois équipes différentes, l’a ainsi accusé de l’avoir contrainte à des « rapports sexuels forcés », lorsqu’il était à la tête du Philadelphia Independence, notamment un soir où elle s’est rendue dans sa chambre d’hôtel, suite à une défaite en finale d’une compétition. Après quoi Riley lui aurait dit : « On emporte ça dans nos tombes ».

Farrelly et Shim ont également affirmé qu’à une autre occasion, lorsque Riley les entraînait au sein des Portland Thorns, il les avait forcées à s’embrasser dans son appartement.

Riley conteste

Riley a contesté ces allégations « complètement fausses ». « Je n’ai jamais eu de relations sexuelles avec ces joueuses, ni ne leur ai fait d’avances sexuelles », s’est-il défendu auprès de The Athletic.

L’internationale américaine Alex Morgan, qui a joué sous les ordres de Riley à la même époque à Portland, confirmant les allégations de ses anciennes coéquipières, a assuré avoir essayé de les aider à alerter la NSWL. « La ligue a été informée à de multiples reprises et a refusé à chaque fois d’enquêter. Elle doit accepter la responsabilité d’un processus qui n’a pas réussi à protéger ses propres joueuses de cet abus. Je suis écœurée. Protégez vos joueuses, faites ce qui est juste, NWSL », a lancé l’ancienne Lyonnaise sur Twitter.



La star Megan Rapinoe, Ballon d'or féminin en 2019, a aussi exprimé sa colère : « A tous ceux qui sont dans l’exercice du pouvoir et qui ont laissé faire, qui ont entendu et rejeté, qui ont autorisé ce monstre à changer d’équipe sans aucune répercussion, allez vous faire foutre, vous êtes tous des monstres et vous pouvez TOUS donner votre démission immédiatement ». Le syndicat des joueuses (NWSLPA) a dénoncé sur ce même réseau social « un abus systémique, fléau pour la Ligue ».

Pointée du doigt, la Ligue se défend

Lisa Baird, commissaire de la NWSL pointée du doigt pour son inaction, a quant à elle déclaré que la ligue était « choquée et dégoûtée » par ces révélations, promettant de mettre en place un nouveau processus de signalement anonyme pour les joueuses, les équipes et autres membres du personnel.

Riley est le deuxième entraîneur de la NWSL à être licencié cette semaine, après que la ligue a mis fin au contrat liant Richie Burke au Washington Spirit, suite à une enquête sur des allégations de harcèlement moral et autre comportement abusif.