Derrick Obasohan dégaine à bon escient
Vingt-cinq points et une moisson de douze rebonds. Dans le giron de la balle orange, lorsqu'un basketteur récolte de telles stats sur une rencontre, on appelle cela un « Monsieur ». Depuis vendredi dernier et cette prestation fracassante sur le parqu...Dominique Heintz
Vingt-cinq points et une moisson de douze rebonds. Dans le giron de la balle orange, lorsqu'un basketteur récolte de telles stats sur une rencontre, on appelle cela un « Monsieur ». Depuis vendredi dernier et cette prestation fracassante sur le parquet de l'Asvel (77-85), Derrick Obasohan fait partie des dix joueurs de Pro A à avoir atteint ou dépassé 34 d'évaluation après 21 journées. Rare et exceptionnel.
Il y en a qui décroche le pactole à la loterie du vendredi 13, le n°... 13 de la SIG a choisi ce jour pour briller. « Je dois dire qu'effectivement, c'est mon meilleur match en France. Il y a des jours comme ça où tout fonctionne, confie l'ailier fort strasbourgeois. Avec certains gars de l'équipe, sans superstition, on a évoqué cette journée et on s'est dit que ce serait sympa de gagner pour la première fois contre Villeurbanne. »
Lors de cette troisième victoire de rang de la SIG en championnat, Derrick Obasohan a confirmé les progrès réalisés cette saison. L'Américain d'origine nigériane, passé par le Luxembourg et la Belgique, était souvent critiqué pour son obsession du panier. Désormais, le Texan de 28 ans a compris qu'il fallait apporter de la variété à son jeu. « L'arrivée de Frédéric Sarre a tout changé. Je peux dire aujourd'hui que j'ai appris à jouer au basket avec lui, lance le shooteur le plus adroit du championnat à trois points (54,29 %). La saison passée je ne pensais pas aux rebonds, aux écrans, à la défense... »
« A son âge, il n'était pas facile de se remettre en question, mais il a accepté qu'on lui apporte quelque chose de plus, se réjouit "Fred" Sarre, l'entraîneur de la SIG. Tout le mérite lui revient. C'est un basketteur plus complet sans aller au détriment de son efficacité au shoot. »
Tout bénef pour les dirigeants strasbourgeois qui retrouvent l'homme qu'ils avaient recruté à Hyères-Toulon en 2007. « Sa réussite fait plaisir car c'est un garçon travailleur qui ne rechigne pas. Lorsqu'il a la main et un impact dans d'autres secteurs de jeu, ça peut faire un carton », souligne Jérôme Rosenstiehl, le directeur sportif. Peut-être dès demain face au Havre car à l'aller, Derrick Obasohan avait déjà été l'homme du match (73-83) avec 20 points, 6 rebonds et 28 d'évaluation. ■



















