Football : On vous dit pourquoi (et comment) les supporteurs du TFC auront le droit de « craquer » samedi

TEST Pour la première fois depuis le retour du public dans les stades français, le TFC et ses supporteurs ont obtenu l’autorisation d’allumer légalement des fumigènes samedi face à Grenoble

Hélène Ménal
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Des fumigènes allumés par les Indians Tolosa lors de TFC-Dijon, le 17 août 2019 au Stadium de Toulouse.
Des fumigènes allumés par les Indians Tolosa lors de TFC-Dijon, le 17 août 2019 au Stadium de Toulouse. — Pascal Pavani / AFP
  • C’est une première post-Covid et un grand test pour le retour de la convivialité dans les stades de foot.
  • Samedi, pour la réception de Grenoble, les supporteurs du TFC auront le droit d’allumer des fumigènes sans redouter d’être interpellés.
  • Cette expérimentation obtenue  par le club sera rigoureusement encadrée et un bilan en sera tiré.

Une fois n’est pas coutume, les supporteurs de la tribune Brice-Taton du Stadium auront peut-être davantage la pression que les joueurs du TFC à l’entame de la rencontre contre Grenoble ce samedi (15 heures). Seize membres des Indians Tolosa auront la possibilité de peser sur la convivialité future de tous les stades de France après la déprime des travées désertées pour cause de coronavirus.

Car, pour la première fois depuis le retour du public, ils auront le droit de « craquer ». D’allumer des fumigènes ou des feux de Bengale sans craindre d’être interpellés par la police. Le tiffo d’ouverture se fera en effet avec la bénédiction du club, de la Ligue professionnelle de Football (LFP) et même du ministère des Sports. Sans compter la préfecture, la police et les pompiers. « Tout est parti d’un dialogue avec nos supporteurs, explique Olivier Jaubert, le directeur général délégué du TFC. Nous ne pouvions pas accéder à leur demande d’introduire des fumigènes puisque c’est illégal mais nous étions prêts à faire le chemin ensemble ».

Le directeur de la sécurité du club a monté le dossier et contacté tous les interlocuteurs.. Demande acceptée donc. Mais le feu vert n’ouvre pas la porte au craquage total. « Il va falloir qu’on montre patte blanche », admet Alexandre Roux le président des Indians, « heureux de ce premier pas » mais qui rappelle la position de principe du groupe « contre la répression abusive des fumigènes ».

En plus des gages d’exemplarité déjà donnés – personne n’a allumé de fumigènes pirates dans la tribune depuis le début de la saison – il va falloir se plier à un cahier des charges drastique.

Formation matinale avec un artificier

Observés de près, les seize Indians en première ligne ne devront pas oublier leurs gants et leurs lunettes de protection. Ils devront ensuite se cantonner au périmètre de tir : « Il y aura un no man’s land de cinq mètres entre la zone et le premier rang de la tribune, les tireurs seront espacés de trois mètres et aucun matériel ne sera stocké dans le Stadium », précise Olivier Jaubert.

Les « élus » d’un soir devront enfin et surtout se plier samedi matin à une formation dispensée par un artificier professionnel qui débarquera avec son matériel et restera pour le tiffo. Ce qui fait quand même sourire le président des Indians. « Tous ceux qui seront là ont déjà craqué des dizaines, voire des centaines de fumigènes dans leur vie », glisse-t-il. « Mais cette fois, ils le feront sans prendre aucun risque », relève Olivier Jaubert. Certains tireurs apprécieront l’ironie de la situation puisqu’ils ont déjà purgé des interdictions de stade pour avoir fait exactement les mêmes gestes.

Les Indians ne le cachent pas, au moment fatidique, ils auront aussi « une grosse pensée » pour trois de leurs membres actuellement condamnés à suivre le leader de la Ligue 2 depuis leurs canapés. Pas de blague toutefois, la règle est claire, pas d’autre test sans bilan positif. Gros enjeu.