Incidents Nice-OM : Le Gym ne fera pas appel des sanctions et se mobilise « pour que ça n’arrive plus jamais », dit Rivère

FOOTBALL La commission de discipline « a fait son travail et nous, notre devoir, c’est d’assumer nos fautes », affirme le président de l’OGC Nice

Fabien Binacchi
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Le président de l'OGC Nice Jean Pierre Rivère
Le président de l'OGC Nice Jean Pierre Rivère — Lionel Urman/SIPA
  • Après les incidents de la rencontre entre l’OGC Nice et l’OM, la LFP a annoncé plusieurs sanctions dont le match entre les deux équipes devra être rejoué à huis clos et sur terrain neutre et deux points de retrait, dont un avec sursis pour le Gym.
  • Lors d’une conférence de presse ce vendredi, le club niçois a indiqué qu’il ne ferait pas appel.
  • Le club entend désormais tourner la page et « [s'] améliorer pour que ce genre d’images, on n’ait plus jamais à les vivre », a appuyé Jean-Pierre Rivère, son président.

« La commission de discipline a pris ses décisions, elle a fait son travail et nous, notre devoir, c’est d’assumer nos fautes ». Solennel, le président de l’OGC Nice a annoncé ce vendredi que le club ne ferait pas appel des sanctions annoncées par la LFP mercredi soir à la suite des incidents, notamment l’envahissement du terrain par des supporteurs des Aiglons, qui ont marqué le match Nice-OM du 22 août.

Cette rencontre cauchemardesque de la 3e journée de Ligue 1, arrêtée sur le score de 1-0 pour le Gym, devra ainsi être rejouée, à huis clos et sur terrain neutre. Au total, trois matchs devront se jouer sans spectateur. Le premier a été purgé avant la trêve internationale contre Bordeaux, à titre conservatoire. Le deuxième sera celui contre l’OM à rejouer et le troisième concernera le derby face au voisin Monaco, le 19 septembre. Le club écope également de deux points de retrait, dont un avec sursis.

Des « individus qui ont enfreint des règles absolues »

Interrogé sur la mesure de ces sanctions, Jean-Pierre Rivère a répondu : « On ne trouve jamais justes des sanctions qui peuvent avoir de grosses conséquences sportives et financières en fin de saison. Mais la commission a fait son travail », a-t-il rappelé. « On prive notre public de revenir au stade, a-t-il aussi relevé. C’est la faute d’une poignée d’individus qui ont enfreint des règles absolues. »

A ses côtés, Julien Fournier, le directeur du football au Gym a, lui, regretté « une décision pas forcément juste pour les joueurs ». « Ce retrait de point est un gros coup sur la tête. On va le chercher dans la poche des joueurs. C’est un point qu’ils ont acquis », a-t-il réagi.

Bouteilles proscrites et nouveaux murets

Le club entend désormais tourner la page et « [s'] améliorer pour que ce genre d’images, on n’ait plus jamais à les vivre », a appuyé Jean-Pierre Rivère. « On souhaite tirer un trait là-dessus sans l’oublier. Dès le lendemain, nous avons été mobilisés pour que ça n’arrive plus jamais ». En plus de l’installation de filets anti-projectiles, y compris face à la tribune du Ray, le club va éliminer purement et simplement la présence de bouteilles dans le stade. « Il n’y aura plus que des gobelets que nous fournirons y compris pour les boissons venant de l’extérieur », précise le président.

C’est le jet d’une bouteille d’eau en plastique dans le dos du joueur de l’OM Dimitri Payet, que ce dernier avait renvoyé dans les tribunes, qui avait mis le feu aux poudres ce soir-là. Plusieurs supporteurs niçois avaient envahi le terrain et des échauffourées avaient éclaté, y compris entre les staffs des deux équipes.

« La tribune est extrêmement franchissable. On réfléchit à la possibilité de remonter la balustrade à 2,64 m en enlevant le premier rang », a aussi expliqué Jean-Pierre Rivère, précisant que plusieurs plaintes avaient déjà été déposées et qu’il pourrait y en avoir de nouvelles en fonction des avancées de l’enquête. « On ne transigera pas. Toutes les personnes qui ont pu enfreindre les règles du sport et du football, on portera plainte contre elles ».

L’OM réfléchit à faire appel

Si l’OGC Nice rejette toute éventualité d’appel, l’OM y réfléchit de son côté sur le plan sportif. Le club déplore la suspension de deux joueurs : le meneur de jeu Dimitri Payet (un match avec sursis) et le défenseur espagnol Alvaro Gonzalez (deux matchs fermes).

« On est extrêmement choqués par les sanctions qui ont été prises contre Alvaro et même Payet, a déclaré dans la soirée à l’AFP le directeur de la communication du club Jacques Cardoze. On a l’impression qu’il fallait un bouc émissaire côté OM et que c’est lui qui a pris. C’est la violence qui doit être condamnée, pas les acteurs du jeu. »

Le préparateur physique de l’OM Pablo Fernandez a été suspendu jusqu’à la fin de la saison après avoir mis un coup de poing à un supporteur niçois entré sur la pelouse.

Le supporteur niçois auteur d’un coup de pied en direction de Payet, aujourd’hui sous contrôle judiciaire, sera jugé le 22 septembre. Un autre, accusé d’avoir fait un salut nazi, a été placé en détention provisoire ce vendredi en attendant son procès fixé le 13 octobre, pour « apologie de crime contre l’humanité ».